Écoles de théâtre
Les écoles de théâtre connaissent des projets d'évolution contrastés. Traditionnellement centrées sur l'enseignement du jeu de l'acteur, il arrive qu'elles s'élargissent à différents métiers du théâtre et qu'elles multiplient en conséquence des cursus consacrés, par exemple, à la mise en scène, à la scénographie, voire à la critique, à l'écriture et à la dramaturgie. Certaines s'ouvrent d'autre part à un plus vaste éventail d'esthétiques et de styles de jeu, se déclarant compétentes dans le domaine du jeu pour la caméra, et préparant les jeunes acteurs à la télévision et au cinéma. Quelques-unes, dépendant davantage de départements universitaires, notamment anglo-saxons, optent pour la recherche d'une modernité qu'elles situent du côté de la « performance » et des « performance studies ».
Ces diversifications reflètent en partie l'évolution du théâtre, ouvert aux métissages et à l'influence des autres arts. Elles manifestent également la volonté d'ouvrir le champ des débouchés professionnels en proposant des formations dans des domaines où il semblait acquis que celles-ci avaient lieu « sur le tas », comme c'était le cas pour la mise en scène en France. De ce point de vue, les écoles anticipent ou, au contraire, subissent les lois du marché du travail, s'ajustant à l'avance à des débouchés probables dans les théâtres subventionnés. Mais ceux-ci correspondent de moins en moins à un profil déterminé, à une sorte de « spécialité », comme c'était le cas jusqu'à la fin des années 1970.
Quand le marché est très fluctuant, les écoles subissent de plein fouet sa pression, comme dans certains établissements privés, au risque de pousser à des évolutions ou à des exigences qui s'éloignent de l'exercice du métier de comédien tel que la tradition le transmettait.
EN FRANCE
Les écoles de théâtre en France connaissent deux régimes : un, très sélectif et peu développé, celui des écoles relevant directement ou indirectement de l'État ; celui des écoles privées, très nombreuses, de valeur très inégale. Ni les unes ni les autres ne peuvent assurer à leurs élèves diplômés de trouver un métier dans le spectacle.
L'enseignement public
L'École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre (l'ENSATT)
Anciennement rue Blanche, à Paris où elle fut créée en 1941, elle est installée désormais à Lyon. Elle dépend du ministère de l'Éducation nationale et a le statut de lycée technique ; l'enseignement est gratuit. C'est l'un des trois établissements nationaux d'enseignement supérieur du théâtre avec le Conservatoire national d'art dramatique de Paris et l'École supérieure d'art dramatique du Théâtre national de Strasbourg.
Gérard Schembri en a été le directeur de 2006 à 2009, Philippe Delaigue le conseiller pour l'artistique et Simone Amouyal la directrice des études. Elle comporte cinq sections d'enseignement supérieur : écriture (dont la première promotion est sortie en 2006), comédiens, régisseurs-administrateurs, décorateurs-scénographes, costumiers, éclairagistes-sonorisateurs et deux sections d'enseignement secondaire : habilleur-réalisateur, machiniste-constructeur. Tous les élèves de l'école passent un concours d'entrée ou un examen d'aptitude professionnelle. Le nombre de candidats au concours d'entrée est d'environ mille six cents. Soixante à soixante-dix élèves sont retenus. Deux années d'étude sont obligatoires et une troisième facultative. Dans chacune des sections, un BTS sanctionne la fin des études. En ce qui concerne la formation des comédiens, l'école délivre un diplôme interne à l'établissement, reconnu par l'État.
L'école fait appel à des metteurs en scène pour diriger des ateliers à l'issue desquels les élèves présentent leur travail à la profession (producteurs, agents artistiques). La cohabitation des artistes et des techniciens à l'intérieur d'une même école permet aux élèves une approche globale du métier : ainsi les élèves de toutes les sections collaborent à la réalisation de « présentations » ou de spectacles toutes les dix semaines.
L'École supérieure d'art dramatique du Théâtre national de Strasbourg
Née en 1954 sous l'impulsion de Saint-Denis, de retour d'exil en Grande-Bretagne où il avait tout à la fois fondé l'Old Vic School et animé les émissions de Radio-Londres, l'École supérieure d'art dramatique du Théâtre national de Strasbourg, d'abord simple « école du centre dramatique de l'Est », répondait à une exigence précise : celle de former des hommes et des femmes de théâtre – acteurs, régisseurs, décorateurs et metteurs en scène – prêts à relever le défi de la décentralisation, c'est-à-dire à assumer en équipe un travail de création et de diffusion d'un théâtre éducatif et populaire hors Paris, notamment dans les régions jusque-là les plus défavorisées sur le plan de la vie culturelle.
Seule autre École supérieure d'art dramatique avec le Conservatoire de Paris depuis 1972, unique donc à être installée en province et intégrée à un théâtre national, l'École du TNS possède encore une autre singularité : l'interdisciplinarité. Elle est en effet la seule à regrouper en un cursus commun trois sections distinctes : jeu, régie et scénographie.
Succédant à Suria Magito (1954-1957), Pierre Lefèvre (1957-1970), Pierre-Étienne Heymann (1970-1972), Christian Dente (1972-1973) et Claude Petitpierre (1973-1983), Knapp, lorsqu'il fut appelé par Lassalle à la direction des études en 1983, a souhaité parvenir à un juste équilibre entre les enseignements de base assurés par des professeurs permanents (musique, voix, travail corporel, arts martiaux, histoire du théâtre et des beaux-arts) et des interventions ponctuelles assurées par des acteurs ou metteurs en scène invités, français ou étrangers (Stein, Villégier, Stratz) : en résidence pendant une durée de quatre à six semaines à Strasbourg, ces derniers présentent devant un public restreint – ou élargi, selon les circonstances – un exercice de fin de stage associant les trois sections.
Ajoutons simplement que dès sa prise de fonctions en 1983, Lassalle s'est engagé auprès des promotions qui se succéderaient sous sa direction à convertir leur dernier exercice d'école, au terme d'une scolarité de trois ans, en première prestation professionnelle, produite par le TNS à Strasbourg, Paris ou Avignon. Ainsi se sont succédé Woyzeck (1984, groupe XXI), Internat (1986, groupe XXII), les Acteurs de bonne foi, la Conquête du pôle Sud (1987, groupe XXIII), Léonce et Léna (1989, groupe XXIV) et Mélite (1990, groupe XXV). Dernière particularité, soulignée par cette chronologie : l'École du TNS ne recrute que deux promotions tous les trois ans. Depuis 1985 enfin, elle édite chaque année une brochure qui dresse le bilan de ses activités pédagogiques et s'est ouverte au travail cinématographique en invitant Philippe Garrel, Guy Mousset ou Alain Bergala à réaliser un film avec chacune des promotions sortantes. Actuellement le directeur du TNS, Braunschweig assure également la direction de l'École avec Dominique Lecoyer comme directrice des études.
L'école du Théâtre national de Bretagne
Elle a été fondée en 1991 par Emmanuel de Véricourt et Christian Colin à partir du Conservatoire national dramatique de Rennes et elle est installée dans les locaux du Théâtre national de Bretagne (direction François Le Pillouër). Le responsable pédagogique est nommé pour trois ans ; c'est un artiste en activité : les trois premiers ont été Christian Colin, Pitoiset et Wenzel. L'un des responsables a été Nordey. L'enseignement est fondé sur une pratique intensive résultant de cours et d'ateliers dirigés par des personnalités majeures de la scène française ou étrangère (Langhoff, Sivadier, Régy). L'école de Rennes se veut ouverte sur l'Europe et la création la plus contemporaine. Le cursus est de 3 ans et les études sont gratuites.
D'autres établissements de formation au métier d'acteur sont aidés par le ministère de la Culture et soutenus par les collectivités locales. Ce sont : l'école de la Comédie de Saint-Étienne (directeurs Rancillac et Berutti) ; l'École régionale d'acteurs de Cannes (ERAC : directeur Didier Abadie, cursus de trois ans ; études gratuites) et l'École professionnelle supérieure d'art dramatique (EPSAD) de Lille. Les établissements ci-dessus sont regroupés en une « plate-forme des écoles supérieures » créée en 2002, et seront appelées à préparer un « diplôme national supérieur professionnel de comédien ». Par ailleurs, une centaine de classes d'art dramatique sont implantées dans des conservatoires nationaux de région (CNR) ou des écoles nationales de musique. Le Théâtre national de Toulouse (CDN de Toulouse), le Théâtre de l'Union (CDN de Limoges) et le NTH8 (Nouveau Théâtre du 8e) de Lyon animent des structures de formation de comédiens en alternance. Les anciens élèves du CNSAD et de l'école du TNS bénéficient à l'issue de leurs études d'une aide à l'insertion professionnelle assurée par le Jeune Théâtre national (JTN).
La formation des techniciens du spectacle vivant est assurée à Strasbourg, par l'école du TNS ; à Bagnolet, par le Centre de formation professionnelle des techniciens du spectacle (CFPTS) ; à Avignon, par l'Institut supérieur des techniques du spectacle (ISTS) ; à Lyon par l'ENSATT, ainsi que par le GRETA des arts du spectacle.
L'enseignement privé
On dénombre environ quatre-vingt-cinq cours privés, ateliers, théâtres-écoles pour la seule ville de Paris, recensés par le ministère de la Culture. Les critères de formation de certains professeurs restent flous. En effet, n'importe qui peut ouvrir un cours d'art dramatique s'il en a le désir. Un certain nombre de professeurs sont cependant comédiens ou metteurs en scène (Périmony, Voutsinas, Huster). Le Syndicat français des artistes veut conserver la pluralité de l'enseignement et l'indépendance des cours : « Les écoles sont nécessaires, des écoles diversifiées, multiples, prodiguant des enseignements différents, ayant des projets globaux de formation. » Citons quelques cours, écoles et ateliers parmi les plus importants, afin d'en montrer la diversité.
Le cours Charles Dullin
Créé en 1921, c'est le plus ancien des cours privés. L'enseignement comprend l'improvisation, l'analyse du mouvement, l'étude de style, le travail de scène. La durée des études est de deux ans en ce qui concerne les activités par groupes ; ensuite le travail se fait en atelier.
L'École internationale de théâtre Jacques Lecoq
Elle a été créée en 1956. Fondé sur le mouvement, l'enseignement de Lecoq a fait éclater le formalisme du mime, en l'ouvrant vers un théâtre de création qui donne de l'importance au geste. Il a influencé de nombreuses jeunes compagnies dans le monde. L'école propose un enseignement de deux années (20 heures par semaine). Par ailleurs, des cours facultatifs sont donnés dans le cadre du LEM (Laboratoire d'étude du mouvement).
Le cours Florent
Il a été créé en 1967. Le cycle de formation se déroule en trois ans (15 à 20 heures par semaine pour la première année ; 20 à 25 heures pour les deuxième et troisième années). Un brevet de fin d'études sanctionne la réussite de l'élève-comédien. L'imaginaire, la fantaisie, l'écriture sont privilégiés. C'est par exemple l'objet de l'étude intitulée « correspondances », qui prend appui sur la peinture et la musique. On met aussi l'accent sur la préparation de scènes classiques ou modernes en vue des auditions et des concours d'entrée des grandes écoles d'art dramatique (de nombreux élèves du cours Florent ont intégré le Conservatoire depuis 1967). Les travaux des élèves (scènes et personnages, exercice de styles) sont présentés à différentes périodes de l'année devant les responsables pédagogiques de l'école. Par ailleurs un enseignement cinématographique a été mis en place ces dernières années.
L'atelier Andréas Voutsinas, théâtre des Cinquante
C'est un atelier d'entraînement de l'acteur, une sorte de « formation continue », de durée indéterminée. Il n'y a pas de limite d'âge. Les méthodes sont celles de l'Actor's Studio.
L'Atelier international de théâtre
Créé par Blanche Salantet Paul Weaver, il offre trois niveaux : débutant, intermédiaire, professionnel. Formés par Strasberg, Salant et Weaver s'appuient sur les méthodes de Stanislavski, mais sont aussi ouverts à d'autres techniques. Terrain d'exercices plus qu'école, cet atelier est un lieu de recherche où l'on apprend l'« intégration fonctionnelle », synthèse personnelle de différentes techniques de travail sur le corps. On apprend à « enlever le masque social et toucher le soi profond avec lequel on joue », à regarder les autres, à s'ouvrir au monde. Weavers'intéresse aussi aux méthodes venues d'Orient, au zen, à la méditation.
L'école Balachova-Véra Gregh
Véra Gregh poursuit depuis vingt-cinq ans l'enseignement de Balachova. La durée des études est de trois ans. L'établissement compte environ quatre-vingts élèves, tous niveaux mêlés. On ne passe pas d'audition. La notion de rencontre est préférée à celle de méthode.
L'école d'art dramatique Périmony
Elle s'adresse autant aux débutants qu'aux élèves confirmés. La durée des études est de trois ans. Les cours sont organisés de façon que les élèves puissent continuer des études universitaires ou puissent travailler.
À L'ÉTRANGER
Allemagne
École supérieure d'art dramatique Ernst Busch
Elle a été fondée à Berlin en 1906 par Reinhardt. C'est l'une des plus prestigieuses du monde qui attire comme enseignants invités les plus inventifs des artistes d'Europe. Elle forme en quatre ans des comédiens, des marionnettistes, des scénographes et des metteurs en scène. Les deux premières années sont consacrées à un enseignement de base intensif, fondé sur les traditions du théâtre allemand ainsi que sur les méthodes de Stanislavski et Brecht. Le développement des techniques corporelles, vocales et musicales est considéré comme tout aussi important que la pratique de scène. Les élèves bénéficient d'un encadrement et d'un suivi hors pair. Les deux dernières années donnent lieu à des travaux d'élèves qui sont présentés au Bat-Studiotheater de l'école à partir de la 3e année ; l'on peut y voir, par saison, jusqu'à 10 mises en scène données une centaine de fois. La section mise en scène et jeu est constituée d'une troupe, avec de 6 à 8 metteurs en scène qui encadrent de 20 à 25 élèves travaillant sur des projets bâtis autour d'un thème ou d'un auteur.
Canada
Montréal rassemble les plus grandes écoles, si l'on tient compte de leur capacité à offrir des enseignements dans les deux langues du pays, l'anglais et le français. C'est le cas de L'École nationale de théâtre du Canada, ouverte aux élèves anglophones et francophones. Dirigée en 2007 par Denise Guilbeault, elle prépare à tous les métiers du théâtre, y compris à l'écriture dramatique, dans des cursus qui varient de deux à quatre ans. En revanche, le Conservatoire d'Art dramatique du Québec est, comme son nom l'indique, une école de la Province du Québec, basée à la fois à Montréal et dans la ville de Québec, spécialisée dans le jeu et la mise en scène.
Deux universités montréalaises offrent une formation professionnelle : l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et son école supérieure de théâtre, et l'Université Concordia, qui accueille francophones et anglophones pour un enseignement en anglais, partiellement orienté vers les « performative studies ». Il est possible que de telles distinctions marquent le début d'une prise de distance avec les formes dramatiques réalistes et le jeu psychologique, d'ordinaire prisés en Amérique du Nord.
La plupart des grandes universités canadiennes anglophones proposent un enseignement au jeu théâtral professionnel, comme par exemple Toronto où l'on dénombre Georges Brown University, York University et Ryerson.
Grande-Bretagne
L'apprentissage institutionnalisé de l'art dramatique ne commence véritablement en Grande-Bretagne qu'au XXe siècle. Avant, ceux qui désiraient devenir comédiens apprenaient le métier en tournée avec une compagnie itinérante ; ou bien prenaient des cours privés avec des acteurs renommés. Dans les années 1880, Sarah Thorne fonda le premier conservatoire, qui faisait partie du Théâtre Royal Margate, dans le sud de l'Angleterre, et qui donnait des classes de voix, de dialecte, de mime et de geste. Mais c'est l'Academy of Dramatic Art, aujourd'hui RADA (Royal Academy of Dramatic Art), créé par Herbert Beerbohm Tree en 1904 à Londres, qui attira, en tant que professeurs, les acteurs et les auteurs les plus renommés, dont Bernard Shaw. Aujourd'hui, les autres écoles réputées sont LAMDA (London Academy of Music and Dramatic Art), The Drama Centre, East 15, The Guildhall, la Central School of Speech and Drama, toutes situées à Londres. La Central School, fondée en 1906, se spécialise dans les techniques vocales, formant non seulement les comédiens, mais aussi les orthophonistes. En même temps que l'épanouissement de théâtres provinciaux à l'initiative du Repertory Movement, après la Seconde Guerre mondiale, des conservatoires provinciaux apparaissent : le Bristol Old Vic School (1946) ; le Welsh College of Music and Drama (1946) au Pays de Galles ; le Royal Scottish Academy of Music and Drama (1950) fondé grâce au plus grand défenseur du théâtre écossais, Bridie. À la fin du XXe siècle, ce sont aussi les universités qui offrent des études théâtrales, notamment Manchester et Hull. Mais c'est l'Université de Cambridge, qui n'offre même pas d'études théâtrales, qui fournit aux acteurs, par exemple Erek Jacobi, Ian McKellern, Trevor Nunn et Jonathan Miller, parmi beaucoup d'autres, l'un des meilleurs terrains d'entraînement. La formation dans les écoles, fort naturaliste, est orientée davantage vers la télévision et le cinéma que vers le théâtre. La méthode stanislavskienne, revue par Michael Tchekhov, apprend aux étudiants à habiter le personnage dramatique de manière psychologique. Le travail corporel est enseigné selon la technique Alexander : alignement du corps au moyen de la contraction musculaire. Les étudiants en dernière année d'études créent des spectacles devant les agents et les metteurs en scène en quête de nouveaux talents. Dans les années 1950, un système de bourses a été introduit, pour que les étudiants de familles peu aisées puissent s'inscrire dans les conservatoires. Au début du XXIe siècle, cette initiative s'inverse avec pour résultat que les acteurs ont, de nouveau, tendance à provenir principalement de la bourgeoisie.
Italie
En Italie, les trois plus grandes écoles sont l'Accademia Nazionale di Arte Drammatica « D'Amico » (1936), à Rome ; la Scuola del Piccolo Teatro di Milano (créée en 1986 par Strehler), et la Scuola Paolo Grassi (créée en 1951 conjointement par Grassi et Strehler), toutes deux à Milan. Deux écoles moins importantes existent à Gênes et à Turin, liées à des théâtres « stabile », c'est-à-dire permanents.
La Scuola Paolo Grassi offre le plus grand nombre de spécialités et donc de cursus : mise en scène et réalisation (trois ans) ; organisation du spectacle (deux ans) ; danse et chorégraphie (trois ans) ; régisseur (un an) ; acteur (trois ans) ; dramaturge, scénographe, auteur pour la télévision (trois ans). La première année offre beaucoup de matières communes aux différentes filières.
À la Scuola Piccola di Milano, on notera, outre les enseignements habituels organisés autour du corps, de la voix et de la « récitation », un enseignement de la commedia dell'arte par Ferruccio Soleri et un enseignement de la « récitation en dialecte », signes de l'attachement à des traditions italiennes spécifiques, ainsi qu'un enseignement très organisé autour des techniques corporelles et de l'acrobatie.
Russie
RATI (Académie russe d'art théâtral) est le nouveau nom donné en 1991 au GITIS
Cet institut, formé en 1922 à partir de l'Institut musical Chostakovitch plusieurs fois réorganisé depuis 1878, est, avec l'École-Studio du Théâtre d'Art, l'Institut Chtchoukine et l'École du Théâtre Maly, l'un des quatre plus fameux établissements de formation théâtrale de Moscou. Il est le plus ancien et le plus diversifié au niveau des enseignements, généralement de quatre ans, et des formations avec ses huit facultés : jeu, mise en scène, histoire de l'art et critique, production et management, ballet, scénographie, variétés et cirque, théâtre musical. Après Nemirovitch-Dantchenko, Meyerhold, Knebel, Zavadski, Efros, des pédagogues aussi prestigieux que Tabakov, Zakharov, Fomenko, Ginkas, Vassiliev, Jenovatch y enseignent. Depuis 1958, un Théâtre d'études lui est associé : il constitue un maillon nécessaire pour réunir, dans la pratique, les acteurs et les metteurs en scène en formation.
SPGATI (Académie d'État d'art théâtral de Saint-Pétersbourg)
Cette école théâtrale créée en 1779, fut maintes fois réorganisée. En 1918, deux enseignements (le jeu par Leonid Vivienne, la mise en scène par Meyerhold) y sont inaugurés. Après plusieurs réorganisations, l'école est associée à l'Institut de la musique et du cinéma et devient LGITMIK. Rebaptisée en 1993, l'Académie comporte quatre départements (théâtre, marionnettes, scénographie, théorie et histoire du théâtre). De prestigieux acteurs (Arkadi Raïkine, Alissa Freïndlikh) y ont été formés par des « maîtres » tels que Tovstonogov et Dodine. Des passerelles sont établies depuis les années 1920 avec l'Institut russe d'Histoire des arts (RIII) créé en 1912 et qui comporte plusieurs secteurs : théâtre, bibliographie, histoire, cinéma, musique, folklore, sociologie. Pédagogie et recherche sont ainsi associées.
Bibliographie sélective
- La Formation aux métiers du spectacle en Europe occidentale , enquête et dossiers, établis par Paul Vernois et Ginette Herry, Paris : Klincksieck, 1988
- Les nouvelles formations de l'interprète , théâtre, danse, cirque, marionnettes, études de Eugenio Barba, Silvia Fernandes, Veniamin Filchtinski... [et al.] ; réunies et dirigées par Anne-Marie Gourdon, Paris : CNRS éd., 2004
Classement
Spécialité : Institutions et lieux
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