Repertory theatres movement

Mouvement de théâtres régionaux en Grande-Bretagne.

Vers la fin du XIXe siècle, plusieurs réformateurs de la scène, tels Archer et Granville Barker, protestent contre la commercialisation excessive du théâtre. Ils proposent le retour à un théâtre de répertoire, système essayé par Granville Barker au Royal Court Theatre. Mais c'est dans les régions que l'idée prend racine avec la création d'une compagnie à Manchester en 1907, à Glasgow en 1909 et à Birmingham en 1913. Désormais le terme Repertory Theatre devient synonyme de théâtre régional tenu d'offrir des spectacles variés, classiques et modernes, qui se donnent sur une courte période. Dans l'entre-deux-guerres le réseau s'étend au petit bonheur et de façon disparate : les théâtres de Cambridge sous Gray, de Birmingham sous Jackson, aussi bien que ceux de Liverpool, de Bristol et d'autres villes encore, font un vrai travail de création, tandis que certains se contentent d'une exploitation qui ne se distingue guère de celle des théâtres commerciaux traditionnels.

C'est après la Seconde Guerre mondiale qu'une politique cohérente, développée peu à peu par l'ACGB (Art Council of Great Britain), permet l'extension systématique des Repertory Theatres. À la fin du XIXe siècle il y avait 150 théâtres provinciaux ; après la Seconde Guerre mondiale, tous, sauf une trentaine, avaient été convertis en salles de cinéma ou en supermarché. Dans les années cinquante, l'état aide les municipalités à acquérir les théâtres qui n'ont pas encore été transformés ou bien à en bâtir de nouveaux. Coventry, ville qui avait souffert terriblement des bombardements allemands, est la première à construire The Belgrade Theatre, achevé en 1958 ; beaucoup d'autres suivront. Certains sont très conventionnels, mais d'autres proposent des configurations nouvelles : à Manchester, un grand théâtre en rond est suspendu dans l'ancienne salle de change ; à Sheffield, le Crucible Theatre est doté d'une grande scène en éperon. Les subventions aidant, ces théâtres ont pu attirer de bons comédiens et metteurs en scène et réussir à former des liens avec les écoles et autres organismes culturels de leur région. Il existe au tournant du XXIe siècle, une soixantaine de ces théâtres dont une bonne douzaine rivalisent avec Londres pour la présentation de nouveaux ouvrages de qualité, notamment le théâtre du West Yorkshire avec Jude Kelly, celui de Nottingham avec Ruth McKenzie et celui de Newcastle avec Alan Lyddiard. Cependant, la bonne santé du Repertory Movement est menacée par plusieurs contraintes. La montée du théâtre « fringe » (en marge) dans les années 1970 conteste leur droit à subventions et leur politique de programmation, jugée souvent trop conservatrice. Ce choix tient sans doute au fait que, pour mériter les subventions, les théâtres sont obligés de prouver leur viabilité financière, ce qui les dissuade de prendre des risques en donnant leur chance à des écrivains nouveaux et à des metteurs en scène de tempérament expérimental. En outre, la nouvelle génération de spectateurs de province est plus attirée par les complexes multisalles de cinéma que par le théâtre : celui-ci a de plus en plus de mal à entretenir ses locaux et à financer une troupe d'acteurs, concept en voie de disparition.

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Éditions Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Amérique du Nord et Iles Britanniques

Zone(s) géographique(s) :
  • Royaume-Uni
Période(s) :
  • 19ème siècle
  • 20ème siècle
  • 21ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
04/05/2026