VAN KESSEL Philippe

Bruxelles, 1946 - Bruxelles, 2022

Metteur en scène et directeur de théâtre belge.

Fils du peintre Françoise Van Kessel, il s'initie à l'art dramatique avec le Jeune Théâtre de l'ULB (Université libre de Bruxelles), troupe universitaire alors en pleine expansion. Il opte pour le théâtre en 1969 et joue d'abord dans des mises en scène de Pierre Laroche, puis au Théâtre expérimental de Belgique dans celles de Lodewijck De Boer, et au Théâtre du Parvis, dans celles de Liebens et Steiger. Il fonde en 1974 l'Atelier Sainte-Anne, lieu de recherche pluridisciplinaire et d'expérimentations alternatives, dont il anime les activités théâtre et jazz, tandis que Françoise Van Kessel assure, quant à elle, la programmation des expositions et des concerts de musique contemporaine.

Sa mise en scène de Le pupille veut être tuteur de Handke en 1975 marque le point de départ d'une longue série de créations en langue française d'œuvres étrangères contemporaines, aux thématiques et à l'écriture généralement âpres, abruptes, voire scandaleuses, et pour la plupart d'expression germanique : Par-delà le bien et le mal de Hartmut Lange (1977), Dialogue d'une prostituée avec son client de Dacia Maraini (1979), La Conquête du pôle Sud de Karge (au Théâtre national de Strasbourg et au festival* d'Avignon 1987), La Bataille et Germania Mort à Berlin de Müller (1991), Le Courage de ma mère et Weissman et Copperface de Tabori (1995), auxquelles il faut ajouter, toujours dans le même registre novateur et subversif, souvent inspiré de l'esthétique expressionniste, plusieurs créations en Belgique : Le Bourgeois Schippel de Sternheim (1977), Ella d'Achternbusch (1980), Liberté à Brème de Fassbinder (1983) et Trilogie du revoir de Strauss (1984), ainsi que Noce de Canetti(2000).

Parmi les maîtres du répertoire qu'il aime à revisiter entre deux découvertes contemporaines et dont il questionne hardiment la modernité, la préférence revient à Brecht (Dialogues d'exilés, puis Têtes rondes et têtes pointues avec le TEP, 1976 et 1981), Valentin (1978 et 1982), Büchner (Léonce et Lena, 1991), Gorki (Les Estivants, 1988) et les élisabéthains (La Tragédie du vengeur de Tourneur, 1987 et Dommage que ce soit une putain de Ford, 1998).

Directeur du Théâtre national de la communauté française de Belgique de 1990 à 2005, il y approfondit, dans son propre travail artistique, l'exploration du répertoire germanique contemporain, tout en prenant soin d'entretenir ou de réhabiliter le patrimoine théâtral belge. Il accueille les grands metteurs en scène européens, invite des metteurs en scène de référence à produire des spectacles avec de jeunes acteurs belges, et travaille au redéploiement d'un Jeune Théâtre francophone au sein même de la production et de la programmation du Théâtre national.

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Éditions Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle

Zone(s) géographique(s) :
  • Belgique
Période(s) :
  • 20ème siècle
  • 21ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
26/04/2026