Lumières
(Le Théâtre des)
Dans l'Europe du XVIIIe siècle, c'est la partie de la poésie dramatique qui se donne pour but de promouvoir les idées nouvelles de progrès, de tolérance, de liberté et d'égalité. Le théâtre des Lumières trouve une source dans le théâtre didactique des jésuites ; il répond aussi à la critique théologique des spectacles en se voulant utilitaire.
La tragédie des Lumières est surtout française, malgré l'apport d'un Scipion Maffei (1675-1735). Voltaire en est l'initiateur, suivi dans la seconde moitié du siècle par des auteurs comme Lemierre, Saurin, Leblanc et Marmontel. Mais les contraintes de la dramaturgie classique poussent les auteurs à chercher un genre nouveau qui leur soit propre.
Au confluent de la tragédie bourgeoise anglaise, prédicante et vigoureuse, et de la comédie larmoyante française, bavarde et attendrissante, Diderot et ses émules fondent le genre sérieux ou drame, dont les personnages de condition moyenne sont confrontés aux réalités morales et sociales contemporaines. Diderot, Sedaine, Beaumarchais et surtout Mercier proposent des principes et des modèles ; en même temps la comédie anglaise, réagissant contre l'immoralisme de la Restauration, se fait plus chaste ; Goldoni tente de plier la fantaisie italienne à l'idéologie bourgeoise.
En Allemagne, Lessing rejoint ce courant avec Miss Sara Sampson (1755) et Minna von Barnhelm (1766) ; dans Nathan le Sage (1779) il donne le chef-d'œuvre du théâtre des Lumières, échappant à la fois à l'emphase de la tragédie néoclassique et au prosaïsme du drame bourgeois. Le Sturm und Drang, préromantique, balaie cette tentative. En France, un théâtre de propagande, pendant la Révolution, discrédite le didactisme.
Classement
Spécialité : 18ème siècle
- France
- Italie
- Allemagne
- 18ème siècle