MARMONTEL Jean-François
Écrivain français
Ce modeste provincial monte à Paris et se lance dans les lettres. Il se fait un nom moins par quelques tragédies jouées à la Comédie-Française que par ses contes (Contes moraux, 1761) et ses romans philosophiques. Il est chargé à partir de 1758 du Mercure de France, et rédige d'importants articles sur la littérature et l'esthétique pour l'Encyclopédie. Il écrit plusieurs dizaines d'opéras-comiques et d'opéras à grand succès, dont les musiques sont dues principalement à Grétryet à Piccinni. Au XIXe siècle, on lit surtout les Mémoires d'un père, publiés en 1807, où il raconte entre autres comment une liaison avec Mlle Clairon en fit le père théorique d'une réforme du jeu.
Comme dramaturge, Marmontel n'est pas un innovateur : il suit les modes et compose surtout dans le genre touchant (Lucile, Comédie-Italienne, 1769), sans se refuser le merveilleux (Zémire et Azor, Comédie-Française, 1771) ou un exotisme modéré (Le Huron, Comédie-Française, 1768) – trois œuvres écrites avec Grétry. C'est un bon professionnel.
La critique de Marmontel est plus intéressante. Il achève la mise au point des règles de la dramaturgie classique et pose les bases d'une dramaturgie bourgeoise nouvelle, assez prudemment pour que le recueil de ses articles, la Poétique française, lui ouvre en 1763 l'Académie française. Plus tard, sans rompre avec les philosophes, il s'en éloigne dans ses Éléments de littérature (1787), réédités au XIXe siècle, qui critiquent assez sévèrement le « drame » au nom de l'art.
Bibliographie sélective
- Jean-François Marmontel , de «l'Encyclopédie» à la Contre-Révolution, réunies et présentées par J. Ehrard ; postface de J. Fabre, Clermont-Ferrand : G. de Bussac, 1970