Comédie de mœurs
Dans un sens, toute comédie, en peignant une société donnée, est de mœurs. Toutefois, on qualifie ainsi une pièce lorsque, dans sa trame, l'étude des caractères s'efface devant celle des travers d'un groupe social ou d'une époque. Ces comédies ne manquent ainsi jamais de sujets mais s'exposent à ne plus être comprises dès que les modes qu'elles dénoncent disparaissent.
Le trait incisif d'une raillerie qui veut corriger les vices s'inscrit dans la tradition française, en particulier celle du XVIIe siècle avec des pièces comme les Façons du temps (1685) de Saint-Yon, les Bourgeoises à la mode (1692) de Dancourt et Saint-Yon, les Mots à la mode (1694) de Boursault, et bien sûr tout un pan de l'œuvre de Molière.
Au XVIIIe siècle, Lesage, Regnard et surtout la Comédie-Italienne donnent encore plus de fantaisie et de tranchant à ces peintures sociales qui, à la fin de la Révolution, trouvent de nouveaux sujets d'observation (Picard, la Petite Ville, 1801). Scribe élargit ensuite la palette avec de courts vaudevilles et des pièces plus ambitieuses (le Puff, 1848). En fait, à cette époque, l'essentiel de la production vaudevillesque joue le jeu de la caricature sociale. Dans la seconde moitié du siècle, Augier (les Effrontés, 1861 ; le Fils de Giboyer, 1862) et Pailleron (le Monde où l'on s'amuse, 1868), en utilisant l'observation aiguë de l'époque du réalisme, donnent un dernier élan à ce courant qui conduira à Becque et à la « comédie rosse ».
Classement
Spécialité : Lexique théorique et théoriciens
- France
- 17ème siècle
- 18ème siècle
- 19ème siècle