SZONDI Peter

Budapest, 1929 - Berlin, 1971

Théoricien hongrois du théâtre et de la littérature qui a fondé à l'Université libre de Berlin un institut de théorie littéraire et de littérature comparée.

Parmi ses nombreux ouvrages et essais, celui qui intéresse les théâtrologues au plus haut point est sa Théorie du drame moderne (1956, traduction française 1983) qui constitue une entreprise unique pour décrire et évaluer les courants théâtraux entre 1880 et 1950. Szondi y caractérise en quelques phrases chaque système dramaturgique, situe chaque auteur et chaque dramaturgie dans le contexte de l'évolution des formes et des genres. Ainsi propose-t-il un étonnant « portrait de groupe » en confrontant des dramaturgies aussi diverses que celles d'Ibsen, Tchekhov, Strindberg, Maeterlinck, Piscator, Pirandello, O'Neill, Brecht, Miller ou Wilder.

Cette théorie n'est pourtant pas une banale histoire du théâtre moderne qui se limiterait à accumuler des observations sur l'évolution sociale et littéraire, elle fonde une sociologie du drame tout en s'attachant à l'analyse structurale des textes. « Le but est de montrer des formes nouvelles, car l'histoire de l'art n'est pas déterminée par des idées, mais par la forme où elles s'incarnent. » Szondi se réfère implicitement à Hegel, Lukács, Benjamin et Adorno ; il analyse l'histoire récente du théâtre comme l'impossibilité de maintenir la relation forme/contenu du drame « absolu » – à savoir pleinement dramatique – lié au dialogue et à l'échange intersubjectif, et exempt d'éléments épiques ou lyriques.

La crise du drame, visible chez Ibsen, Tchekhov, Strindberg et Hauptmann, entraîne des « tentatives de préservation » (sous la forme du naturalisme, de la pièce de conversation ou en un acte) et des « tentatives de solution », pourtant extrêmement variées et très divergentes du canon hégélien du drame absolu (Brecht, Pirandello, O'Neill, Wilder). Avec cette théorie, Szondi a trouvé le moyen de comparer tous ces auteurs à partir de leur dramaturgie, sans faire référence aux conditions concrètes de leur mise en scène. C'est là la force et la faiblesse de cette étude, en particulier dès que l'on tente de l'étendre à d'autres expériences liées à une pratique scénique spécifique. Il n'en reste pas moins que la théorie de Szondi est une tentative unique de réflexion épistémologique, de critique idéologique et de description structurale.

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Édition Bordas 2008

Classement

Spécialité : Europe du Nord

Zone(s) géographique(s) :
  • Hongrie
Période(s) :
  • 20ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026