MAETERLINCK Maurice

Gand, 1862 - Orlamonde, 1949

Écrivain belge d'expression française.

Dramaturge du silence, de la mort et de l'angoisse, il est un des principaux auteurs symbolistes et influence le théâtre de tout le XXe siècle.

D'une riche famille bourgeoise de Gand, Maeterlinck pratique brièvement le droit, puis s'engage dans une vie d'écrivain. D'abord poète (Serres chaudes, 1889), sa première pièce publiée, la Princesse Maleine (1890), est saluée par la critique comme renouvelant Shakespeare. Il traduit Ruysbroeck, mystique flamand (1891), et Novalis (1895), et publie en 1896 son premier recueil d'essais, le Trésor des humbles, que suivront beaucoup d'autres. Ces essais le feront connaître du grand public, ainsi que les représentations de l'Oiseau bleu, créé par Stanislavski en 1908 et repris partout dans le monde. En 1911 il reçoit le prix Nobel de littérature, qui salue l'extraordinaire diffusion internationale de son œuvre. Sa première compagne, Georgette Leblanc, puis sa femme assurent la carrière des pièces de cet homme discret, voire secret.

Les premières pièces de Maeterlinck, saluées par Jarry comme l'amorce d'un « théâtre abstrait », font pourtant appel à un décor souvent médiéval (tours, souterrains, donjons) et à une prose parfois mièvre, abusant des répétitions, des vers blancs, des phrases suspendues. Mais elles recherchent, et trouvent le plus souvent, une simplicité extrême. Régy a su dans ses mises en scène d' Intérieur (1986) et de la Mort de Tintagiles (1996) redonner à ces œuvres leur force nue. Des personnages schématiques y découvrent et subissent la mort, y saisissent la misère de la condition humaine privée de foi. Les Aveugles (1890) apprennent que le prêtre qui les guidait est mort ; les témoins d' Intérieur (1894) apportent des nouvelles de mort ; l'Intruse (1890), c'est la mort elle-même, invisible, qui entre dans la maison ; quelques médiums, des enfants, des vieillards reconnaissent la présence du mystère. Le dialogue, fait de phrases très courtes, est ponctué de silences ; dans son essai le Tragique quotidien (1894), Maeterlinck revendique une banalité trouée d'abîmes.

L'amour est au centre de Pelléas et Mélisande (1893), dont le texte plus « poétique » inspire Debussy (1904) et d'autres musiciens, puis d'Aglavaine et Sélysette (1896), pièce charnière où Maeterlinck tente de mettre en scène une vision plus optimiste du monde. L'Oiseau bleu, conte dramatique pour enfants, fantaisie très libre, est l'œuvre la plus jouée de Maeterlinck, et son seul succès théâtral à saluer la quête du bonheur et l'espérance. À partir de 1902 (Monna Vanna) , il écrit moins pour le théâtre, et ses pièces sont beaucoup plus conventionnelles : historiques, psychologiques, spectaculaires.

On en revient toujours aux premières œuvres, que Maeterlinck appelait un « théâtre pour marionnettes ». Aux antipodes du naturalisme, elles furent montées dans tous les théâtres « d'art » des symbolistes, et marquèrent fortement les surréalistes. La réputation de grand humaniste olympien que ses essais critiques valurent à Maeterlinck les a fâcheusement occultées.

Rédacteur(s)
Éditions Bordas 2008

Classement

Spécialité : Europe du Nord

Zone(s) géographique(s) :
  • Belgique
Période(s) :
  • 19ème siècle
  • 20ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026

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