HONZL Jindřich
Théoricien de théâtre et metteur en scène tchèque.
En 1926, il fonde avec Frejka (dont il s'éloigne plus tard sur les plans politique et artistique) une scène expérimentale, Osvobozené divadlo (le Théâtre libéré). Au commencement on y joue des pièces poétiques des auteurs de l'époque ; bientôt toutefois, avec l'arrivée de Voskovec et Werich, la scène s'oriente vers une satire d'actualité, anti-bourgeoise et par la suite vers une satire politique antifasciste. Pendant un certain nombre d'années, Honzl travaille comme metteur en scène dans les théâtres en dehors de Prague, mais il finit par retourner au Théâtre libéré. Durant l'occupation, son activité est limitée et plus tard rendue impossible. La guerre une fois terminée, il devient membre de la direction du Théâtre national de Prague et après 1948, il en assure la direction artistique.
Dès ses débuts au théâtre, il inaugure un programme révolutionnaire de lutte (il adhère au parti communiste à sa fondation) qu'il lie aux principes esthétiques des avant-gardes théâtrales, notamment russe et française : Apollinaire (Les Mamelles de Tirésias), Goll (Mathusalem), Cocteau (Orphée), Jarry (Ubu roi), Ribemont-Dessaignes (Le Bourreau du Pérou). Il puise son inspiration dans les métaphores et les associations de la poésie moderne, chez les clowns, dans les films burlesques ; il recourt aux procédés constructivistes et surréalistes, aux projections, au cinéma. Pionnier de la « théâtralisation » de l'art dramatique, ses intentions sont nettement plus affirmées dans des mises en scène sur d'autres scènes (à Brno, à Pilsen, aussi à Prague au Théâtre national où il monte l'opéra de B. Martinů, Juliette ou la Clé des songes, 1938) que dans sa propre maison, le Théâtre libéré. Après la guerre, durant sa direction au Théâtre national, il se rallie entièrement à l'idéologie et aux exigences artistiques du « réalisme socialiste », en montant Tyl (Jan Hus), Gorki (Les Petits Bourgeois), Gogol (Le Revizor), les frères Mrštík (Marysùa).
Dès ses débuts, Honzl fait preuve aussi d'une importante activité théorique. Avec J. Veltrusky et P. Bogatyrev et en relation avec le Cercle linguistique de Prague, il est l'un des fondateurs de la sémiotique théâtrale. La contribution de Honzl réside dans son aptitude à évaluer théoriquement ses propres expériences théâtrales, ainsi que dans sa connaissance approfondie de la problématique théâtrale, historique et contemporaine. Certains articles importants de Honzl, par exemple Pohyb divadelního znaku (La Mobilité du signe théâtral), Hierarchie divadelních prostředků (La Hiérarchie des moyens de théâtre), ont été traduits en plusieurs langues.
Classement
Spécialité : Europe centrale et Russie
- Tchéquie
- 20ème siècle