DESARTHE Gérard
Acteur et metteur en scène français
Ce qui définit le mieux Desarthe, c'est la fragilité, voire la fébrilité. En équilibre instable sur la pointe acérée de lui-même, Desarthe est capable de donner à ses personnages une urgence et une présence, et une urgence dans la présence tout à fait insolites, comme aussi de s'absenter totalement de son rôle. C'est un acteur à risques, pour lui-même comme pour le spectateur.
Sans formation d'aucune sorte, Desarthe suit les cours de Pierre Valdé, se frotte au théâtre à partir de 1962 à la Comédie de Bourges, tient des rôles sous les directions de Reybaz, Heymann, Dougnac (qui obtient en 1965 le prix des Jeunes Compagnies pour son Réussir à Chicago). Mais c'est avec des metteurs en scène comme Engel (Baal, Le Misanthrope, 1985), Chéreau (Richard II, 1969, surtout Peer Gynt, 1981, et Hamlet, 1988), Jourdheuil (Jean-Jacques Rousseau, 1978, joué en solo trois cents fois), Planchon aussi (Athalie et Dom Juan en 1980), sans oublier Strehler (L'Illusion comique de Corneille, 1986) ni Vincent (Capitaine Schelle, capitaine Eçço de Rezvani, 1971) que Desarthe a pu aller jusqu'au cœur de son talent, sans cesse lui-même et autre, capable de faire de Matamore (l'Illusion comique), joué traditionnellement en fantoche tonitruant, le frère aîné du prince de Hombourg (m. en sc. Karge-Langhoff, 1978), c'est-à-dire un personnage vibrant et déboussolé. « J'aime les situations fortes, dit-il, et elles sont dans les grands textes, les personnages à part aussi » et encore : « Je ne me sens bien que dans un grand théâtre du verbe et du sens. » Un des grands et durables succès de Desarthe a été de tenir le rôle du Cardinal dans la pièce (Célimène et le cardinal) de Jacques Rambal (1993). L'âge venant, Desarthe incarne des personnages qui ont intériorisé leur inquiétude dont ils ne laissent plus paraître que la face douloureuse et violente (Titus Andronicus dans Viol de Strauss, 2006, m. en sc. Bondy, et Kent dans Le Roi Lear, m. en sc. Engel, 2007).
Desarthe s'est essayé à la mise en scène de classiques avec Le Cid (1988). Ce fut un grand succès. Il a également monté Partage de midi (1998) et Turcaret (2002).
Bibliographie sélective
- [Turcaret, mise en scène de Gérard Desarthe] , documents d'information, Paris, 2002
Classement
Spécialité : 21ème siècle
- France
- 20ème siècle
- 21ème siècle