BONDY Luc
Metteur en scène suisse travaillant surtout en Allemagne, en France et en Belgique, reconnu pour la qualité de son travail sur le théâtre et la psychologie, de même que par les spectacles d'opéra où le jeu dramatique épouse brillamment l'expression lyrique.
Il est formé à l'école Lecoq et participe à l'université du Théâtre des Nations. Il commence par travailler en Allemagne où il fait alterner le répertoire classique (Shakespeare , Goethe ) avec le répertoire contemporain (Genet , Ionesco , Gombrowicz , Beckett ou Strauss . Il s'impose en France en révélant l'œuvre de Schnitzler avec Terre étrangère (1984) et le Chemin solitaire (1989). Bondy incarne l'esprit européen du théâtre dont il exploite à la fois les ressources littéraires et spatiales. En quête du plaisir au théâtre, Bondy fait de la légèreté la première vertu de ses spectacles. Réfractaire à toute forme d'alourdissement du plateau et à toute approche pédagogique du théâtre, Bondy préserve une liberté qui met en éveil l'imagination et permet une approche psychologique de certains textes qui atteint la perfection. Après avoir participé à la codirection de la Schaubühne (1985-1987), Bondy a retrouvé aujourd'hui son indépendance car il s'intéresse moins à une réflexion sur l'institution et fait du seul travail scénique le terrain d'accomplissement de sa personnalité.
Bondy met en scène des opéras plus naturellement que d'autres metteurs en scène car ses dispositions musicales l'y incitent. Il signe une mise en scène de Cosí fan tutte (1984) de Mozart où le jeu des chanteurs sur fond de toiles peintes qui évoquent des paysages imaginaires du xviii e siècle épouse avec un sens plastique exceptionnel le mouvement mozartien. Le Couronnement de Poppée (1989) de Monteverdiconfirme cette disposition de Bondy qui est un des rares metteurs en scène à maintenir l'équilibre entre la dimension lyrique et la dimension dramatique d'un opéra. Il a signé aussi la mise en scène de deux films. Bondy, fondamentalement, a la frivolité sceptique du xviii e siècle et trouve le plaisir au théâtre en s'avançant, comme dit Schnitzler, son auteur préféré, « dans la pénombre des âmes ».
Son commerce avec le dramaturge autrichien se poursuit grâce à ce qui fut un grand événement du monde lyrique : la création d'un opéra moderne de Philippe Boesmansà partir de la Ronde (1993). Par ailleurs il travaille à Salzbourg, passant de Mozart, avec les Noces de Figaro , à Richard Strauss, avec Salomé .
Bondy a repris ensuite le travail sur des textes contemporains signés par deux auteurs qui lui sont proches : Handke ( l'Heure où nous ne savions rien l'un de l'autre , 1994) et surtout Straussdont l'œuvre le séduit par sa capacité d'inventer une écriture particulièrement subtile pour dire les effrois du monde moderne. Éclectique, Bondy peut passer d'Ibsen* ( John-Gabriel Borkmann , Théâtre Vidy de Lausanne, 1993) à Guitry, monté en Allemagne en 1995 et à Strindberg ( Jouer avec le feu , Théâtre Vidy, 1996). Sa mise en scène de la Seconde Surprise de l'amour deMarivaux (Théâtre des Amandiers de Nanterre, 2007) est une merveille de goût et d'invention.
Il assure depuis 1995 la direction du Festival de Vienne et se consacre à parts égales à la mise en scène de théâtre et d'opéra. Il mène un travail de découverte des écrits contemporains en particulier deCrimp*,Reza*, de même qu'il met en scène les dernières œuvres des auteurs des années 1970-80 qui lui sont familiers,Handke ouStrauss. Parmi les aventures dans le champ lyrique de Bondy il faut citer la création des opéras contemporains de Philip Boesmans, La Ronde ,
Classement
Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle
- Allemagne
- 20ème siècle
- 21ème siècle