BOZONNET Marcel
Acteur, metteur en scène français
Professeur à l'ENSATT [voir Écoles de théâtre] de 1982 à 1987, pensionnaire de la Comédie-Française de 1982 à 1985, il devient sociétaire en janvier 1986 jusqu'en décembre 1992, date à laquelle il est nommé directeur du Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris, avant d'être nommé à la tête de la Comédie-Française (2001-2006).
De formation classique, il fait des études de philosophie à l'université de Dijon. Parallèlement, il participe à des stages de la Jeunesse et des Sports et aux activités du Théâtre universitaire de Dijon. En 1966, dans le cadre du festival des Nuits de Bourgogne, il rencontre Victor Garcia qui lui fait interpréter le rôle d'Emanou dans Le Cimetière des voitures d'Arrabal. Garcia sera pour Bozonnet « un bouleversement extraordinaire dans son rapport à l'art et au savoir ». Engagé par Maréchal, il poursuit avec lui sa formation de comédien. Il joue notamment le rôle de Robespierre dans La Mort de Danton de Büchner (Lyon, 1969). À la même époque, il s'initie au chant, et à la danse contemporaine avec Laura Sheleen, formée à l'école de Martha Graham.
Acteur d'une grande sensibilité, il fait preuve aussi d'un humour distancié dans les nombreux rôles qu'il interprète, que ce soit Kostia dans La Mouette de Tchekhov (m. en sc. Bayen, Paris, Toulouse, 1977) ou la jeune abbesse de Marie de l'Incarnation de Jean-Louis Jacopin (Paris, 1979). À partir de 1982 à la Comédie-Française, il jouera, entre autres, le rôle de Victor dans Victor ou les Enfants au pouvoir de Vitrac (m. en sc. J. Bouchaud), de Cinna dans Cinna de Corneille (m. en sc. Villégier, 1984), d'Antiochus dans Bérénice de Racine (m. en sc. Grüber, 1985), de Jacques dans Comme il vous plaira de Shakespeare (m. en sc. Pasqual, 1989), du cardinal Barberini dans La Vie de Galilée de Brecht (m. en sc. Vitez, 1990), de l'avocat et de Valère dans Le Médecin malgré lui et Le Médecin volant (m. en sc. Dario Fo, 1990), de Don Bazile dans Le Barbier de Séville de Beaumarchais (m. en sc. Boutté, 1990). Amateur de performances en soliste, Bozonnet y fait briller son élégance, sa finesse et son humour : dans La Princesse de Clèves (Théâtre de l'Athénée, 1995), en indiquant, sans les jouer, tous les personnages, il réussit à transmettre une sorte de poésie de l'irrémédiable.
En tant que metteur en scène, il monte plusieurs spectacles, par exemple, avec Villégier, Léonce et Léna de Büchner (Paris, Lyon, 1969), Héraclius de Corneille (Paris, 1970 ; Timgad, 1971), Didon et Énée (1998), opéra de Purcell, à Aix-en-Provence, Antigone de Sophocle en 1999 et le Tartuffe en 2005. En fin de mandat, il a également monté Orgie de Pasolini (2006), avec moins de bonheur. M. Bozonnet qui, au Conservatoire, s'intéressait particulièrement à la pédagogie de la voix, attache une grande importance à la musique et au chant. Ses recherches avec Aperghis et Alain Zaepffel en témoignent.
Classement
Spécialité : 21ème siècle
- France
- 20ème siècle
- 21ème siècle