BAYEN Bruno
Romancier, auteur dramatique et metteur en scène français.
Encore normalien, Bruno Bayen crée en 1972 le Pied, adaptation libre de l'Intervention de Victor Hugo . En trois ans il monte quatre pièces dont la Mort de Danton de Büchner (1975). Michel Guy le nomme codirecteur du Grenier de Toulouse la même année. En désaccord avec Maurice Sarrazin, il en part après la création de Parcours sensible . Il redevient en 1978 directeur d'une compagnie indépendante, Pénélope, et met en scène la Mouette. Son activité de metteur en scène est dès lors très liée à celle d'écrivain.
Courte collaboration d'écriture avec Sirjacq : Square Louis-Jouvet et les Fiancés de la banlieue ouest. Schliemann, épisodes ignorés, où il dirige Vitez (1982), est suivi à Chaillot de Faut-il choisir ? Faut-il rêver ? (1984). Entre 1987 et 1992, publication de quatre romans et mise en scène d'Œdipe à Colone (dans sa traduction) et d'Elle de Genet , création mondiale, avec Casarès dans le rôle du pape. Des pièces de nouveau : Weimarland et l'Enfant bâtard (1992), À trois mains (1997). Schliemann (1993) est le livret qu'il tire de sa pièce pour un opéra de Betsy Jolas. Il a lui-même mis en scène deux opéras, Iphigénie à Aulis de Glück(1983) et Sancta Susana de Paul Hindemith (1994). Il traduit des auteurs, de langue allemande surtout, Wedekind, Handke, en porte certains à la scène : Goethe, Torquato Tasso (1989), Fassbinder, Qu'une tranche de pain, création mondiale (1995). Il a dirigé aux éditions Christian Bourgois la collection « le Répertoire de saint Jérôme » qui propose en traduction des pièces étrangères d'auteurs du XXe siècle non encore reconnus. C'est le cas d'Espions et Célibataires de Bennett qu'il met en scène en 1994. Bayen traite d'histoires de famille mais dans une écriture plus poétique que dramatique, où, du moins, le dramatique est circonvenu par le travail d'une langue qui emprunte le chemin de traverse des sensations fines plutôt que d'aller tout à trac au fait brut. Sa dernière pièce, l'Éclipse du 11 août (2006) (m. en sc. Vincent) développe le symbole d'un effacement du présent au bénéfice d'une autre lumière, celle, tamisée, des souvenirs ; mais des nuages empêchent de voir l'éclipse : le retour aux sources est un leurre.
Bibliographie sélective
- L'éclipse du 11 août , Bruno Bayen, Paris : l'Arche, impr. 2006
Classement
Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle
- France
- 20ème siècle
- 21ème siècle