Parade
Pitreries et bouffonneries jouées à la porte des spectacles pour attirer le badaud et l'inciter à entrer.
Ce type de pratique théâtrale tenant de l'annonce, de l'échantillon de spectacle et de la mise en appétence s'inscrit dans le droit fil de la tradition des bonimenteurs, farceurs et bateleurs, du début du XVIIe siècle surtout : Turlupin, Gaultier-Garguille, Gros-Guillaume, Brioché, Mondoret Tabarin.
À la fin du XVIIe siècle, ce type de spectacle se transporte aux foires de Saint-Laurent et de Saint-Germain et entretient des rapports de complicité avec la commedia dell'arte : personnages, improvisation, jeu sur canevas, lazzis.
Vers le milieu du XVIIIe siècle le terme désigne de courtes pièces où l'érotisme, la scatologie, les jeux sur le langage ont la meilleure part (Jean-Joseph Vadé invente alors le langage poissard) et qui, des tréteaux populaires, passent sur des théâtres de société. Les meilleurs auteurs s'y sont essayés : Lesage, Collé, Beaumarchais, Potocki.
À la Foire et au Boulevard, les parades traditionnelles continuent toutefois à animer la rue. Ces « bagatelles de la porte », jouées sur des tréteaux ou les balcons extérieurs des théâtres, connaissent un extraordinaire regain de faveur sous l'Empire et la Restauration, en particulier avec le spectacle désopilant, devant le théâtre des Délassements-Comiques, de Bobèche et Galimafré. Du grotesque parodique de ces charges s'inspireront plus tard les pratiques théâtrales de l'agit-prop* et de Fo.
Classement
Spécialité : Lexique théorique et théoriciens
- France
- 17ème siècle
- 18ème siècle