Forain
(Le théâtre)
Les foires médiévales attiraient acrobates, marionnettistes, montreurs d'animaux et autres amuseurs. Aux rassemblements annuels de Saint-Laurent (28 juin - 30 septembre), de Saint-Ovide (14 août-15 septembre) et de Saint-Germain (3 février-veille des Rameaux), succédèrent à Paris les concentrations permanentes d'abord sur le Pont-Neuf puis, au XVIIIe siècle, sur le boulevard du Temple bientôt rebaptisé « Boulevard du Crime ». Les acrobates et prestidigitateurs s'y mêlaient aux charlatans et aux acteurs « parlants », au répertoire particulier. Ces véritables dynasties de banquistes se déplaçaient également de fêtes patronales en marchés, avant d'intégrer les cirques et les music-halls et de côtoyer, à partir du début du XXe siècle, les premières baraques de cinéma. Après la guerre de 1870, parallèlement à ces « artistes d'agilité », naquirent les théâtres forains ambulants qui feraient les beaux jours des villes de province ne possédant pas de salle de spectacle en dur. Pouvant accueillir de 300 à 1 000 spectateurs, ces « démontables » en bois présentaient à travers le pays un répertoire de comédie, de vaudeville, de mélodrame et d'opérette. En 1911, Gémier se lance dans la brève aventure d'un Théâtre national ambulant. Cinquante ans plus tard, les démontables n'existent plus ; reste l'itinérance de Jean Danet et de ses Tréteaux de France, sous chapiteau. Désormais, le théâtre de rue tente de renouer avec la tradition, témoins la Compagnie du Hasard, les Baladins du Miroir en Belgique, l'Illustre Famille Burattini en Auvergne et l'Arène foraine d'Aurillac (en 1993) composée de troupes de rue séduites par la technique de l'entre-sort. Un musée de l'Art forain est ouvert depuis 1995 à Artenay.
Bibliographie sélective
- Théâtre ambulant, nouvelles formes, nouveaux lieux , actes du forum de Loches, [27-28] juin 1996, [organisé par l'Agence pour le développement des activites touristiques et culturelles], Orléans : Éd. HYX, 1997