Concours des jeunes compagnies
En 1946, Jacques Jaujard, à la Direction générale des lettres, et Jeanne Laurent, à la sous-Direction à la musique et aux spectacles (ministère de l'Éducation nationale), créent le Concours des jeunes compagnies décernant trois premiers prix dotés de 100 000 francs à une compagnie professionnelle, à une compagnie d'amateurs, et à une compagnie provinciale, ce qui en faisait une mesure d'accompagnement de la création des premiers centres dramatiques nationaux. Le prix remporté par les Jeunes Comédiens de Rennes (amateurs) leur permet de devenir le noyau du centre dramatique de l'Ouest ; celui que remporte le Grenier de Toulouse (professionnels) en 1946 l'aidera peut-être à recevoir le label CDN en 1949 (dir. Sarrazin).
Le règlement est modifié en 1950. Il n'y a plus que deux prix (professionnels et amateurs) puis, par la suite, un seul prix. Les troupes candidates, qui ne jouaient que devant la quarantaine de jurés, personnalités du monde théâtral, critiques et représentants d'organismes culturels, présentent désormais leur spectacle à un vrai public. Le nombre de candidats, passé de 25 à 40, est limité à 10. Bientôt, le concours n'aura plus lieu que tous les deux ans. En 1967, les six candidats retenus recevaient chacun 10 000 francs, le prix était de 50 000 francs.
Parmi les lauréats : le Groupe antique de la Sorbonne, les Théophiliens, les compagnies Vitaly, Reybaz, Fabbri, la Guilde de Rétoré, Bourseiller. Le concours de 1963 révèle avec le Mariage le metteur en scène Lavelli et l'auteur polonais Gombrowicz ; celui de 1967 couronne les Soldats de Lenz, mis en scène par Chéreau, à qui Sartrouville concède alors son théâtre. Ce Concours fut le dernier. Déjà controversé – il incitait les concurrents à s'endetter et ne couronnait pas toujours ce qui sortait des sentiers battus –, il reçut le coup de grâce en 1968.
Classement
Spécialité : Institutions et lieux
- France
- 20ème siècle