Chorégies d'orange

Premier en date des festivals de plein air en France, il a lieu en été au théâtre romain d'Orange.

En même temps que s'effectuaient le déblaiement, puis la restauration du théâtre romain d'Orange au cours du XIXe siècle, l'idée de le rendre à sa fonction dramatique s'imposa progressivement. Celle-ci se concrétisa le 21 août 1869 avec une première manifestation où fut donné le Joseph de Méhul. Mais c'est seulement en août 1888 que la représentation par la Comédie-Française d Œdipe roi (adaptation en vers de Jules Lacroix), avec Mounet-Sully dans le rôle-titre, connut un succès triomphal devant quelque 7 000 spectateurs. Désormais les tragédies grecques (ou imitées de l'antique) semblèrent le répertoire le mieux adapté à la grandeur architecturale et au caractère imposant du lieu (96 pièces). Paul Mariéton, qui, sous le nom de « chorégie », assuma à partir de 1894 la direction des manifestations, les qualifiaient de « Dionysies » modernes. Les classiques français (15 pièces), Racine en particulier jugé trop délicat et trop psychologique pour le plein air, y réussirent moins bien (à l'exception de la Phèdre jouée par Sarah Bernhardt en 1903), Molière y échoua totalement – à la différence de Plaute (11 pièces). On y joua aussi Dumas, Hugo, Rostand, puis après la Seconde Guerre mondiale, Montherlant, Claudel. Shakespeare fut introduit avec réticence après le demi-succès d'Hamlet en 1910 (malgré Mounet-Sully). C'est sous la direction de Jean Hervé, sociétaire de la Comédie-Française, que les manifestations, d'abord appelées « Fêtes romaines », puis « Fêtes félibréennes », prirent le nom définitif de « Chorégies ». Dès la fin du XIXe siècle, le succès d'Orange suscita la prolifération d'autres théâtres de plein air : Arènes de Nîmes, de Saintes, de Béziers, théâtre de la Cité de Carcassonne, théâtres « de verdure » comme Cauterêts dans les Pyrénées, ruines gallo-romaines de Champlieu…

Dès le début, des représentations lyriques alternèrent avec les dramatiques et c'est tout naturellement les tragédies lyriques de Gluck, dont les sujets sont souvent empruntés à la mythologie, qui furent préférées. Wagner fut longtemps considéré comme incompatible avec le Mur : sa première œuvre jouée fut Tannhaüser en 1930. Si, jusqu'en 1939, ce sont essentiellement les tragédiens de la Comédie-Française qui firent les beaux jours d'Orange, après 1945, d'autres troupes s'y produisirent : notamment, la compagnie Renaud-Barrault et Planchon. 1969, l'année du centenaire, marqua la fin des représentations dramatiques. C'est que celles-ci subirent la concurrence du Festival d'Avignon et furent alors ressenties comme obsolètes. En 1971, les Chorégies sont réorganisées en fonction de leur nouvelle vocation, uniquement lyrique et musicale. Elles perdurent ainsi jusqu'à aujourd'hui.

Rédacteur(s)
Édition Bordas 2008

Classement

Spécialité : Institutions et lieux

Zone(s) géographique(s) :
  • France
Période(s) :
  • 19ème siècle
  • 20ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026