PLAUTE
Titus Maccus Plautus
Poète comique latin. Titus Maccus Plautus est le plus illustre des comiques romains et une partie de son œuvre a été conservée. Son écriture vise à l'efficacité scénique, faisant une grande part à la danse et à la musique.
La vie de Plaute est très mal connue et sa biographie est un tissu de conjectures. Il aurait d'abord été acteur dans les farces qui suivent la représentation des tragédies (d'où sans doute son surnom de Plautus et peut-être son nom Maccus). Il semble qu'ensuite il ait perdu son travail et se soit loué comme garçon boulanger pour tourner la meule. Il commence à quarante ans une carrière d'auteur comique, où il obtiendra toujours le succès. Le genre comique vient d'être créé par Livius Andronicus. Plaute innove dans les parties chantées, en introduisant des séquences musicales et chorégraphiques, canticum , empruntées aux mimes, pour lesquelles il utilise des vers lyriques complexes. Le succès de Plaute à Rome s'explique par la part très importante qu'il donne aux cantica , en particulier aux « entrées de rôle », ces scènes où l'acteur danse son rôle, indépendamment de l'intrigue et du personnage. La plupart des comédies sont organisées autour d'un rôle, joué par l'acteur principal de la troupe : un parasite, un proxénète, une courtisane, un esclave menteur. Plaute use d'une écriture très sophistiquée, il joue sur les mots, parodie la tragédie, démarque des chansons de mime, travestit la parole en faisant parler un personnage à contre-rôle, jouant sans cesse à exhiber le code comique. Sa création se fait dans le cadre d'une stricte codification ; le poète prouve sa maîtrise du code et sa capacité à l'actualiser toujours différemment mais sans innover et sans décevoir ainsi l'attente du public. Le texte comique n'est bien souvent que le prolongement d'une gestuelle de l'acteur, gestuelle constitutive du personnage et que nul ne saurait changer. C'est pourquoi le texte de Plaute, à la lecture, paraît pauvre ou brutal ; il ne prend sens et forme qu'au sein d'une reconstitution, souvent difficile, du spectacle. Comme le genre l'impose il traduit et adapte des comédies grecques, mais nous avons perdu ces œuvres et il est impossible de voir la distance prise par rapport aux modèles. Les Anciens attribuent à Plaute cent trente pièces, nous en avons conservé vingt : Amphitryon (Amphitryo) dont le sujet est emprunté à la mythologie grecque, sans doute repris d'une hylaro-tragédie sicilienne, la Comédie des ânes (Asinaria), la Marmite (Aulularia) qui a été imité par Molière dans l'Avare, Bacchis et Bacchis (Bacchides), les Prisonniers (Captivi), Casina, la Corbeille (Cisellaria), le Charançon (Curculio ), Epidicus, les Ménechmes (Menaechmi ), le Marchand (Mercator), le Soldat fanfaron (Miles gloriosus), le Fantôme (Mostelaria), le Persan (Persa), le Carthaginois (Poenulus), l'Imposteur (Pseudolus), le Cordage (Rudens), Stichus, les Trois Écus (Trinummus), le Brutal (Truculentus).
Bibliographie sélective
- L'Acteur-roi ou le Théâtre dans la Rome antique , par Florence Dupont,..., Paris : les Belles lettres, 1986
Classement
Spécialité : Antiquité - 16ème siècle