WILSON Georges
Acteur de théâtre et de cinéma, réalisateur de télévision, metteur en scène et directeur de théâtre français.
Il fait des études de théâtre à l'école de la rue Blanche (Centre du spectacle) en 1945, participe aux tournées Baret avec les Grenier-Hussenot avant d'entrer en 1952 au Théâtre national populaire. Il y joue beaucoup (Vauthier, Musset, Kleist, Eliot, Brecht, Corneille, Pichette, Molière, Shakespeare, Jarry) ; il y met également en scène à partir de 1958 et obtient pour Lumière de Bohème de Valle-Inclán en 1962 le prix de la mise en scène. Au départ de Vilar en 1963 il prend la direction du TNP avec l'intention d'être fidèle à l'esprit du fondateur tout en ouvrant davantage son théâtre à la production contemporaine et en rompant avec une institutionnalisation qui mène à la routine : « J'entends bien comme lui [Vilar] ne jamais me servir de ce théâtre, mais le servir. » Il fait construire, dans le sein du palais de Chaillot, la salle Gémier où il crée du Dorst, du Walser (avec Dufilho qui deviendra son partenaire privilégié par la suite), mais, devant l'échec de sa politique il quitte le TNP en 1972. Il continuera à mettre en scène (O'Neill, Gorki, Rich, B. Phelan, H. Leonard) et à jouer, se taillant avec une Seyrig ou un Dufilho des succès durables, dans Les Aiguilleurs (1978), Sarah ou le Cri de la langouste (1982), L'Escalier (1985) ou Léopold le bien-aimé (1986).
« Comme Dullin, a-t-il dit, je n'ai ni principe ni théorie » ; cela se voit à son jeu, simple et direct : Wilson se laisse porter par son physique tout en rondeur ; mais il ne faudrait pas s'y fier : il est capable de colères à l'« irlandaise » (il a des origines dans cette île) et d'humour pince-sans-rire, de puissance tragique aussi comme dans sa composition de l'Henri IV de Pirandello ; mieux fait cependant pour faire passer la richesse psychique d'un personnage par la force de son tempérament que par les nuances de son discours.
Classement
Spécialité : 19ème et début 20ème siècle
- France
- 20ème siècle
- 21ème siècle