HOURDIN Jean-Louis

Héricy, 1944

Acteur et metteur en scène français

Après une formation au Théâtre national de Strasbourg (TNS) de 1966 à 1969, Hourdin exerce son métier d'acteur avec de nombreux metteurs en scène : Gignoux, P. E. Heymann, Steiger, Gironès, Brook, Vincent, Jourdheuil. De 1970 à 1986, il dirige de multiples stages dans le cadre de mouvements d'éducation populaire et d'animation culturelle. Professeur à l'École du TNS (1976-1978), il est le compagnon de route des Fédérés (Wenzel et Perrier, Honte à l'humanité !, 1979). Il fonde le Groupe d'action théâtrale et culturelle (le GRAT, 1976), avec Arlette Chosson. Il affirme alors sa volonté de couper le théâtre de son rapport à la dramaturgie brechtienne et revendique la scène comme lieu archaïque où l'émotionnel jouxte le ludique. Préférant le terme de chef de troupe à celui de metteur en scène, il interroge avec sa tribu de saltimbanques, république d'acteurs et de musiciens, le cirque, le cabaret, le tréteau, espaces de tous les possibles opposés à la scène à l'italienne. Seul le rideau de velours rouge, omniprésent dans ses spectacles, rappelle qu'au-delà de cette barrière factice, dans le cercle du jeu, la présence de l'acteur sur le plateau est métaphore sensible du monde. Les textes qu'ils créent répondent en effet à la présence du comédien, ici et maintenant, nu, écorché, sans fard.

Ses spectacles exacerbent la fragile puissance de l'acteur : Tout ça, c'est une destinée normale, cabaret satirique de Valentin et Liesl Karlstadt (1976 et 1981) ; Ça respire encore, création collective, histoires et textes de Dario Fo, Karl Valentin, Michel Deutsch et du GRAT (1978) ; Woyzeck (1980), Léonce et Léna (1982), La Mort de Danton (1983) de Büchner ; Liberté à Brême de Fassbinder (1983) ; Le Songe d'une nuit d'été (1984) et La Tempête (1985) de Shakespeare ; Ubu roi de Jarry (1986) ; La Ronde de Schnitzler (1988) ; Le Monde d'Albert Cohen (1989), et Des Babouins et des hommes (1991), d'après l'œuvre d'Albert Cohen ; Casimir et Caroline de Horváth (1990) ; La Maison du peuple (1991) et Même pas mort (2003) de Durif ; Farces de Molière, Dario Fo et Franca Rame, (1992) ; Sans titre de García Lorca et Boby, spectacle sur Boby Lapointe (1993), Les Fils de l'amertume de Benaïssa (1997 ; Ça respire toujours (1999) ; Veillons et armons-nous en pensée (2006), poème grotesque, cabaret philosophico-politique touchant l'histoire communiste et ses espoirs déçus.

Artisan de la scène dans l'esprit de Copeau et des comédiens routiers, Hourdin prône un théâtre de la révolte, de l'imprécation, du poétique et de la politique, du populaire et de l'utopie, parfois mis en fanfare et en chansons. Son art forain ne dissimule jamais la fragilité et la précarité de l'exercice du théâtre, sources fondatrices de la représentation et ferments de la légitimité à dire et à montrer. Sa vision de l'art dramatique est une joyeuse tentative désespérée de quitter ce que nous sommes – des bêtes – pour atteindre à ce que nous ne sommes pas – des hommes.

Rédacteur(s)
Édition Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle

Zone(s) géographique(s) :
  • France
Période(s) :
  • 20ème siècle
  • 21ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
30/04/2026

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Jean-Louis Hourdin