SCHNITZLER Arthur

Vienne, 1862 - 1931

Auteur dramatique et écrivain autrichien.

Schnitzler représente la liaison miraculeuse de la médecine et de la poésie (Freud voyait en lui son double) ; Schnitzler, c'est la vie douce à proximité de la nécessité amère de la mort (Heinrich Mann) ; Schnitzler, c'est la balance tchékhovienne entre la sensibilité psychologique et la dureté objective. Il brosse des portraits atmosphériques des jeunes Viennois à la fin du siècle d'une façon réaliste et impressionniste, il décrit la décadence postbourgeoise.

Fils d'un professeur de médecine, Schnitzler est né dans la Leopoldstadt, le quartier juif de Vienne. Très jeune il écrit déjà du théâtre. Il passe son baccalauréat brillamment en 1879 et finit ses études de médecine en 1885. Il se spécialise en psychiatrie (suggestion et hypnose), devient assistant à la Policlinique et, après la mort de son père (1893), travaille pour une clientèle privée. Il se manifeste comme auteur dramatique avec le cycle d'Anatole (1888-1891), représenté en partie dès 1891, débutant avec Souper d'adieu (Abschiedssouper) à Bad Ischl (1893). Il connaît son premier grand succès avec Amourette (Liebelei) au Burgtheater de Vienne en 1895. En 1920, à Berlin, La Ronde (Der Reigen) provoque un grand scandale suivi immédiatement d'un procès ; de même en 1921, à Vienne où la représentation dans les Kammerspiele, assortie d'un véritable pugilat dans la salle, fut interdite (on ne reprend La Ronde qu'en 1982). Le nazisme montant et l'antisémitisme font taire Schnitzler et imposent le silence sur son nom jusqu'à sa mort.

Ses pièces sont caractérisées par une technique de l'épisode, de l'esquisse détaillée ; au commencement de sa carrière d'auteur dramatique l'influence d'Ibsen est très sensible, notamment dans Märchen (Conte de fées , 1893), dans Freiwild (Chasse ouverte, 1896) dont la première représentation est montée au Deutsches Theater de Berlin sous la direction de son ami Brahm et dans Das Vermächtnis (Les Dernières Volontés, 1898). Le directeur du Burgtheater Max Burckhard avait fait monter Liebelei en 1895 ; un succès plutôt de hasard : habitant la même maison à Vienne, un jour Schnitzler lui avait offert son manuscrit. La jeune Christine, das süße Mädel, typique de l'époque, tombe amoureuse de Fritz qui finalement est tué dans un duel, résultat anachronique du code de l'honneur de l'armée austro-hongroise.

1899 : première représentation au Burgtheater de Au perroquet vert (Der grüne Kakadu) qui se passe à Paris le soir de la prise de la Bastille. 1912 : La Ronde est un écrit contre la morale de la fin du siècle ; c'est la première fois que l'on voit traiter très librement sur scène des relations sexuelles. Professor Bernhardi (Le Professeur Bernhardi) est une pièce satirique qui peint la Vienne nationaliste, catholique et antisémite de l'époque du maire de Vienne Karl Lueger. La pièce prévue pour le Deutsches Volkstheater à Vienne est interdite par la censure. La première a lieu à Berlin au Kleines Theater en 1912, le jour même de la mort de Brahm. Schnitzler se retire du théâtre.

Schnitzler est beaucoup joué partout en Europe après la Seconde Guerre mondiale. Grande redécouverte de Schnitzler en France pendant les années quatre-vingt, surtout avec la mise en scène de Terre étrangère (Das weite Land) par Bondy au Théâtre des Amandiers à Nanterre (1984) avec Piccoli et Ogier dans la traduction de Heinz Schwarzinger. Lavelli a mis en scène Les Journalistes en 1994.

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Éditions Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Espace germanique

Zone(s) géographique(s) :
  • Autriche
Période(s) :
  • 19ème siècle
  • 20ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
16/06/2026

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Arthur Schnitzler