GRUMBERG Jean-Claude

Paris, 1939

Auteur dramatique français.

Grumberg dont le père, tailleur, est mort en déportation, a exercé différents métiers avant de devenir comédien dans la compagnie Jacques-Fabbri, puis auteur dramatique.
Révélé grâce à Demain une fenêtre sur rue, Rixe et Amorphe d'Ottenburg qui dénoncent avec humour la violence quotidienne du racisme et de la technocratie, il s'impose avec Dreyfus (m. en sc. Rosner, 1974), où une troupe juive polonaise d'amateurs répète, vers 1930, une pièce sur l'Affaire, et avec En r'venant d'l'expo (m. en sc. Vincent, 1975) où un jeune comique troupier découvre le syndicalisme à la veille de la Grande Guerre. L'Atelier connaît un très grand succès et reçoit de nombreuses récompenses dans les mises en scène de Maurice Bénichou - Grumberg - Rosner en 1979 et celle de Gildas Bourdet en 1998. On y découvre, en dix séquences titrées et datées de 1945 à 1952, la vie de l'atelier de confection de Léon, à Paris, où une femme, Simone, attend vainement des nouvelles de son mari déporté. Dans Zone libre (m. en sc. Bénichou, 1990), Grumberg fouille à nouveau la mémoire familiale pour évoquer, entre rire et larmes, l'enfance en temps de guerre.

Multipliant les expériences, il dresse dans l'Indien sous Babylone (m. en sc. Bluwal, 1985) un tableau ironique des bas-fonds de la culture, invente dans Linge sale (m. en sc. Vuillermoz, 1994) une série de personnages qui viennent épancher leur cœur auprès du patron d'une laverie automatique qui n'est qu'un décor, ou regroupe dans Maman revient pauvre orphelin (m. en sc. Adrien, 1994) plusieurs textes sur l'hôpital et sur la télévision : un fils rend visite à sa mère dans une maison de retraite, un présentateur interroge avec insistance le pilote qui a largué la bombe sur Hiroshima, et il renoue avec le thème baroque du songe dans Rêver peut-être (m. en sc. Ribes, 1998) quand Gérard B. s'égare en répétant le rôle d'Hamlet.

Grumberg écrit aussi pour le cinéma : le Dernier Métro de Truffaut (1980), les Années sandwich de Boutron (1988), Amen de Costa Gavras (2002) et, pour la télévision, Thérèse Humbert de Bluwal (1883), les Lendemains qui chantent de Fansten (1984), 93 rue Lauriston de Granier-Deferre (2004). Il signe également d'excellentes adaptations, par exemple de Mort d'un commis voyageur de Miller ou Encore une histoire d'amour de Tom Kempinski.

Grumberg sait donc saisir son temps ; il mêle Histoire et quotidien avec tendresse, rage et drôlerie, comme pour venir à bout des démons d'aujourd'hui et protester contre l'aveuglement. Ses pièces offrent aux acteurs de beaux rôles : on songe à Roussillon en paysan dans Zone libre, à Grumberg lui-même en patron dans l'Atelier, à Isabelle Candelier avec sa tirade du « pied en dedans » dans Linge sale, à Arditi en proie à ses tourments de fils dans Rêver peut-être. Depuis quelques années, il a encore enrichi sa palette en écrivant pour le jeune public ; sept titres dans la collection Heyoka Jeunesse, dont Marie des grenouilles (2003), Pinok et Barbie (2004), Mon étoile (2007) et la plus remarquée, Iq et Ox (m. en sc. Adel Hakim, 2004), qui parle de croyance et d'intolérance avec humour et poésie. Cette pièce, dit l'auteur, est destinée « à faire rêver, réfléchir et si possible douter les petits et les grands enfants ainsi que leurs parents croyants ou incroyants ». Il définit par là toute sa démarche qui consiste à « convertir les spectateurs à la communion du rire et de l'émotion, la seule qui vaille ».

Rédacteur(s)
Édition Bordas 2008

Classement

Spécialité : 21ème siècle

Zone(s) géographique(s) :
  • France
Période(s) :
  • 20ème siècle
  • 21ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026

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Jean-Claude Grumberg