BOURDET Gildas

La Forêt-Fouesnant (Finistère), 1947

Metteur en scène et auteur dramatique français.

Après le succès de la Vie de Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière par le théâtre de la Salamandre, il est nommé en 1975 à la direction du Centre dramatique du Nord, promu en 1982 théâtre national de région. En 1976, Martin Eden , d'après Jack London, remporte un vif succès. Cette lecture du roman à la troisième personne relève du théâtre-récit. Attention au travail (1979) stigmatise les mécanismes de l'aliénation propre au travail manuel. Les acteurs masqués provoquent un rire féroce, parfois intolérable. Ces trois spectacles étaient des créations collectives ; avec Britannicus (1979) de Racine, Bourdet s'attaque à la dramaturgie classique. Plus de destin, les héros raciniens ont des problèmes comme tout le monde. Le drame de Claudel , le Pain dur (1984), est métamorphosé en une fantasmagorie macabre à la limite de l'absurde. Ici, Bourdet adopte le parti de l'expressionnisme* cinématographique : l'univers spatial et les acteurs sont tout en noir et blanc. Les clochards de Gorki dans l'adaptation des Bas-fonds (1982) que signe Bourdetdeviennent des laissés-pour-compte d'aujourd'hui. Le texte est récrit dans un argot et une syntaxe de la « zone » avec des tonalités du Nord. Bourdet ne néglige pas les valeurs sûres : Fin de partie de Beckett en 1988, les Fausses Confidences de Marivaux en 1989, le Malade imaginaire de Molière en 1991. Son grand auteur contemporain est Weingarten : il monte l'Été (1990) et il créera la Mort d'Auguste en 1995 au Théâtre de la Criée de Marseille dont il sera devenu le directeur. Cette même année il montera la Bonne Âme de Se-tchouan de Brecht puis, en 1996, les Jumeaux vénitiens de Goldoni, dont la mise en scène et l'interprétation témoignent d'une verve toujours efficace que l'on retrouve dans la Main passe deFeydeau (1999). Après avoir quitté le Théâtre national de Marseille (2001), il prend la direction du Théâtre de l'Ouest Parisien à Boulogne-Billancourt (2002). Il y a poursuivi sa recherche du comique et de la critique fondée sur l'exacerbation de situations ordinaires qui dérapent : la Reine de beauté de Leenane deM. Mc Donagh (2003), le Roi Victor de Calaferte (2004). On lui doit d'avoir obtenu de Pierre Mauroy la construction et l'inauguration en 1989 du Théâtre Roger Salengro situé sur la Grand-Place de Lille.

Bourdet, auteur, débute avec Didascalies (1980) pour quinze spectateurs-voyeurs. Derniers détails (1981), mélodrame à l'humour grinçant, isole quatre déclassés, épaves désabusées de notre civilisation. Le Saperleau (1982) pulvérise la langue pour en pétrir une nouvelle, mâtinée de burlesque. Quatre personnages de bandes dessinées sont livrés aux situations du vaudeville. Une station-service (1985) découpe une tranche de vie hyperréaliste. Les Crachats de la lune (1986) s'inspire des grands archétypes du cinéma français d'avant-guerre. Bourdet affiche un goût de l'agression intelligente, de la dérision, et une volonté de raconter des histoires pour le plaisir des émotions, du rire et du travail sur la langue.

Bourdet réalise, en particulier avec Édouard Laug, la plupart des décors de ses spectacles (sauf pour Martin Eden , décor de Françoise Chevalier).

Rédacteur(s)

Classement

Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle

Zone(s) géographique(s) :
  • France
Période(s) :
  • 20ème siècle
  • 21ème siècle
Ajouter à Mon Dictionnaire
Imprimer Partager
Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
21/04/2026

Pour aller plus loin

recherche.artcena.fr
Gildas Bourdet