Salon
(Le théâtre de)
Le théâtre de salon, ancêtre du théâtre à domicile [voir Appartement, théâtre d'], a connu une grande vogue au début du XXe siècle parmi l'aristocratie qui offrait à chaque saison, en ses hôtels particuliers (chez Mrs. Clifford Barney ou Rémy de Gourmont par exemple), une comédie, une revue ou une pantomime qu'elle interprétait elle-même, en amateur. Ainsi que le souligne le Guide pratique du comédien mondain paru en 1908 : « Il n'est pas de distraction plus aimable que la comédie de salon et, puisqu'on prétend qu'il faut le plus possible s'amuser en s'instruisant, il n'en est pas qui réalise mieux ce sage et antique précepte […]. La comédie de salon est autre chose qu'un jeu, c'est un art. »
Cet art se pratique en effet depuis le XVIIe siècle, au point de faire concurrence aux Comédiens du roi qui le font interdire. Cela n'empêchera pas Louis XIV dans un divertissement de Molière ou Mme de Pompadour dans le Devin de village de Rousseau de se prendre au jeu, avec un plus ou moins grand succès. Nombre de salons ont ainsi depuis le XVIIe siècle reçu la comédie : ceux de Vendôme, de Condé ou de Mme de Bouillon ; celui de Voltaire à Ferney ou celui de George Sand à Nohan. Lecouvreur y fait ses débuts d'actrice tout comme Feydeau ou Courteline au XIXe siècle s'y essayèrent dans leurs propres pièces.
Le salon « théâtral » devient ainsi une variante du salon « littéraire » où la lecture se fait représentation et où la représentation s'allie à l'écriture (avec de nombreuses petites pièces inédites jouées pour la circonstance), faisant du théâtre de salon un « laboratoire » privilégié du théâtre de classe (aristocratie puis bourgeoisie), et donc un témoignage de l'histoire du théâtre.
Bibliographie sélective
- La Comédie de salon ; comment on la monte et comment on la joue , R. Manuel, Paris : E. Kolb, (1893)
Classement
Spécialité : Lexique théorique et théoriciens
- France
- 17ème siècle
- 18ème siècle
- 19ème siècle
- 20ème siècle