ROUSSEAU Jean-Jacques
Écrivain suisse
Auteur dramatique peu marquant, il a renouvelé les termes de la dénonciation du théâtre.
Du temps de sa carrière d'écrivain parisien, et même après, Rousseau s'essaie au théâtre et compose plusieurs pièces qui ne sont pas ou peu jouées. Il connaît cependant un vrai succès avec Le Devin de village, dont il compose aussi la musique et qui est joué par l'Opéra depuis 1752, et Pygmalion (composé en 1770, Opéra, 1772), monodrame ou mélodrame qui exerce une influence considérable sur ce genre en Europe.
La Lettre à M. d'Alembert… est publiée en 1758 pour répondre à l'article « Genève » de l' Encyclopédie. Le théâtre y est dénoncé du point de vue de la morale sociale et non plus seulement de la métaphysique, comme chez Platon, ou de la théologie. Il est accusé de corrompre les mœurs par son luxe, et surtout parce qu'on s'y habitue à dissocier les émotions des actes. Ou encore, « le théâtre purge les passions qu'on n'a pas, et fomente celles qu'on a ». Le théâtre n'est pas réformable. De longues digressions sont consacrées à Molière, dont Le Misanthrope devient l'emblème de l'homme bafoué par son créateur au nom de la société.
Enfin Rousseau propose, à l'encontre du théâtre, de remettre en honneur la fête, qui n'a pas d'intrigue ni d'acteurs, mais qui témoigne au présent de la cohésion du corps social. Cette vision a inspiré les révolutionnaires français, et repris de l'actualité au XXe siècle sous plusieurs formes.
Bibliographie sélective
- Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau , Paris : Librairie Hachette et Cie, 1895-1909
Classement
Spécialité : 18ème siècle
- France
- Suisse
- 18ème siècle