COURTELINE Georges
Pseudonyme de Georges Moinaux

Tours, 1858 - Paris, 1929

Journaliste, romancier, auteur dramatique français.

Il a écrit plus de cent farces, saynètes, tranches de vie, comédies (1881-1909).

Dramaturge naturaliste, il met en scène la vie tyrannisée des chasseurs à cheval, créant les personnages de l'odieux adjudant Flick et du bon capitaine Hurluret : Lidoire (1891), Les Gaîtés de l'escadron (1895). Farceur à la bouffonnerie irrésistible, il souligne la fatalité pitoyable et la bêtise humaine : Théodore cherche des allumettes (1897), Les Boulingrin et la Voiture versée (1898). Misogyne, il dénonce la sottise de la femme : L'Honneur des Brossarbourg (1891) ; son art de la traîtrise : Boubouroche (1893), son chef-d'œuvre ; sa puérilité : La Paix chez soi (1903) ; son inconscience après l'adultère : La Conversion d'Alceste (1905), excellent pastiche en vers de Molière. Humoriste contestataire, épris d'équité, il démontre l'iniquité de la justice : Un client sérieux (1897) ; la ladrerie de l'administration tatillonne : M. Badin, son « double » (1897) ; la méchanceté de la police : Le commissaire est bon enfant ; la bêtise des gendarmes : Le gendarme est sans pitié (1899). Révolté contre l'injustice de la loi, il montre son autre « double », La Brige, honnête Français moyen, plongé malgré lui dans des situations insolubles, mais réellement suscitées par l'application de la loi, et que l'on nomme depuis « courtelinesques » : L'Article 330 (1900), Les Balances (1901).

Observateur caustique de la méchanceté et des ridicules humains, réaliste satirique, Courteline n'écrit que des œuvres brèves, car il affirme être privé d'imagination ; mais dans ce cadre étroit il possède un extraordinaire pouvoir d'invention comique, mettant en scène des situations saisies sur le vif et grotesques, créant une foule de personnages. Sa langue, d'une prodigieuse richesse, va du raffinement mondain au grossier populaire. Sa bouffonnerie apparente, son rire constamment jaillissant, ses personnages dont les noms très souvent ridicules signalent le défaut dominant (bien plus que chez Labiche et Feydeau), toute cette verve aux multiples facettes cachent la profonde tristesse de Courteline devant l'homme, sa bêtise infinie et sa méchanceté foncière.

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Édition Bordas, 2008

Classement

Spécialité : 19ème et début 20ème siècle

Zone(s) géographique(s) :
  • France
Période(s) :
  • 19ème siècle
  • 20ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
16/06/2026

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Georges Courteline