Nazi
(Le théâtre)
Le national-socialisme ne sous-estimait pas le rôle du théâtre dans la vie publique. Dès avant 1933, le Kampfbund für deutsche Kultur (Ligue de combat pour la culture allemande) manifeste contre les auteurs, metteurs en scène et directeurs de salle progressistes. La plupart d'entre eux sont voués à partir de 1933 à l'émigration (Kaiser, Brecht, Zuckmayer, aussi bien que Jessner, Reinhardt, Piscator). Un Reichsministerium für Volksaufklärung und Propaganda (ministère du Reich pour l'Instruction populaire et la Progagande) exerce un contrôle étroit sur le répertoire, interdisant des œuvres majeures du XXe siècle et une grande part de la production étrangère contemporaine, tandis que sont promus des auteurs conformes, uniquement joués en province avant 1933 (Ernst, Kolbenheyer, Johst, Bethge, Langenbeck, Möller). La seule tentative originale (!) du régime est l'aménagement de Thingstätte (un nom évoquant les assemblées d'hommes libres constitués en tribunaux chez les anciens Germains) : ces lieux en plein air, et même en pleine nature, sont censés se prêter à une résurrection de la grande tragédie nationale, la communauté fêtant là le culte du héros salvateur [voir R. Euringer, Deutsche Passion 1933, Passion allemande 1933 ]. Après l'abandon rapide de ce programme, le théâtre sous le régime nazi revient à des pratiques plus traditionnelles, visant à mutiler ou à « nordifier » l'héritage culturel.
Bibliographie sélective
- Theater und Film im Dritten Reich, eine Dokumentation , Joseph Wulf, Gütersloh : S. Mohn, [cop. 1964]
- La Politique artistique du national-socialisme , Hildegard Brenner ; traduit de l'allemand par Lucien Steinberg, Paris : F. Maspero, 1980
Classement
Spécialité : Lexique théorique et théoriciens
- Allemagne
- 20ème siècle