Dithyrambe

(Étymologie obscure.) Chant passionné en l'honneur de Dionysos exécuté par un chœur, au son de l'aulos (hautbois double) et accompagné d'une danse qui à l'origine exprime la possession dionysiaque.

C'est le poète grec Archiloque qui, au début du VIIe siècle av. J.-C., aurait composé le premier dithyrambe en l'honneur de Dionysos. Le genre fit très vite de grands progrès, sous l'influence notamment d'Arion qui l'enrichit de nouveaux mètres et imposa la forme du chant dialogué entre un coryphée, le chef du chœur (exarchon), et le chœur lui-même. Au cours du Ve siècle, le dithyrambe atteint un haut niveau de perfection poétique et musicale avec des poètes comme Lasos qui aurait introduit à Athènes les concours de dithyrambes exécutés par des « chœurs cycliques » évoluant autour de l'autel de Dionysos. Les seuls textes de dithyrambes qui nous sont parvenus sont ceux de Pindare et de Bacchylide.

Selon une définition célèbre d'Aristote, la tragédie serait issue des dithyrambes : au milieu du VIe siècle av. J.-C., Thespis aurait créé le dialogue dramatique en faisant du coryphée un véritable acteur qui répond au chœur et dialogue avec lui (hupocritês). Le dithyrambe resta étroitement associé aux genres dramatiques durant toute la période classique, au Ve et au IVe siècle av. J.-C. Les Grandes Dionysies d'Athènes, le plus important des concours dramatiques, commençaient par un concours de dithyrambes où s'affrontaient dix chœurs de cinquante enfants et dix chœurs de cinquante adultes. Ces chanteurs amateurs étaient recrutés parmi les citoyens ou fils de citoyens des dix tribus de l'Attique. Participer à un chœur de dithyrambe était un honneur et un devoir civique. Le développement du théâtre accentua la technicité musicale du dithyrambe. À la fin du Ve siècle, la virtuosité du « nouveau dithyrambe » est souvent moquée par Aristophane. Elle inspire cependant les chœurs des tragédies d'Euripide.

À l'époque hellénistique le dithyrambe devient un genre exclusivement musical, le poète étant relégué au rang de librettiste, la composition musicale et l'interprétation étant confiées à des professionnels spécialisés. Les concours de dithyrambes se séparent des « concours scéniques » et deviennent « concours thyméliques » exécutés dans l'orchestra des théâtres dont l'autel de Dionysos, la thymélê, occupait le centre. Le traité sur la musique attribué à Plutarque blâme l'enflure et les obscurités des dithyrambes de l'époque impériale dont nous n'avons rien conservé. Mais la vitalité de ce genre, attestée par les inscriptions, perpétua jusqu'à la fin de l'Antiquité la tradition de la grande lyrique chorale des Grecs.

Bibliographie sélective

  • Le Dithyrambe de la rose , Anghelos Sikélianos ; trad. de Renée Jacquin[avant-propos de Paulette Ghiron-Bistagne][préf. de T. Dimopoulos], Montpellier : Publications du GITA [Groupe interdisciplinaire du théâtre antique], 1986
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    http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb350007391
Édition Bordas 2008

Classement

Spécialité : Lexique théorique et théoriciens

Zone(s) géographique(s) :
  • Grèce
Période(s) :
  • Antiquité grecque
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026