Burlesque

Tonalité stylistique plus que genre théâtral, le burlesque a connu son heure de gloire entre 1640 et 1660 et a été cultivé par des dramaturges célèbres en leur temps comme Scarron, d'Ouville, Boisrobert, Cyrano de Bergerac, Thomas Corneille, occasionnellement par Molière.

Emprunté à l'italien burlesco (lui-même issu de burla, « plaisanterie »), le burlesque repose sur une dissonance bouffonne entre les personnages et leur langage, leur statut et leur comportement ; il joue des néologismes, des archaïsmes, des métaphores filées jusqu'à l'outrance, des vocables savants utilisés à contre-emploi, du double sens (souvent obscène) des mots. Il aime mettre en parallèle un couple de maîtres et un couple de valets, le second parodiant – et dévaluant du même coup – le langage amoureux et fleuri du premier. Le burlesque est matérialiste et insolent ; il préfère l'œuvre de chair et la bonne chère aux sentiments éthérés. Molière exploitera ces contrastes dans Les Précieuses ridicules, Le Dépit amoureux, Le Bourgeois gentilhomme ; Marivaux également : il reprend avec son personnage d'Arlequin un type qui doit beaucoup à la tradition italienne mais aussi au gracioso espagnol (par exemple dans La Double Inconstance).

Bien que Gautier ait caractérisé le burlesque de la façon suivante : « Il s'obstinait à ne voir les choses que par leur aspect difforme et grimaçant, à rechercher la trivialité, et à ne se servir que de tournures populaires ou ridicules », le burlesque n'est pas un genre populaire : il cultive avant tout l'effet, et tout lui est bon pour extravaguer et surprendre ; l'excès est sa seule règle. Burlesque et grotesque sont souvent synonymes au XVIIe siècle ; c'est donc un concept mal délimité qui englobe notamment celui de parodie et fait lui-même partie d'une notion plus large, celle de baroque.

En Angleterre

Très populaire sur la scène après 1700, c'est la caricature d'œuvres dramatiques contemporaines familières au public. La pièce burlesque est souvent fondée sur le thème de la répétition théâtrale ; elle tend à ridiculiser les erreurs les plus fréquentes des dramaturges. Le prototype du genre, The Rehearsal (La Répétition) de Buckingham (1671) emprunte à Beaumont la structure enchâssée du « théâtre dans le théâtre » comme dans Le Chevalier au pilon ardent (The Knight of the Burning Pestle, 1607). Un auteur ridicule y commente son invraisemblable tragédie héroïque. En 1728, L'Opéra des gueux (The Beggar's Opera) reste dans la tradition et Gay y moque la tragédie pastorale et le romanesque mièvre. C'est aussi la tragédie qu'attaque Fielding dans son Tom Pouce le Grand (The Life and Death of Tom Thumb the Great, 1730). Le genre se cristallise avec Sheridan (The Critic, 1779) aux dépens du théâtre sentimental contemporain et de la tragédie aux excès absurdes. Sheridan demande au spectateur de reprendre, au théâtre, sa lucidité et son sens critique. Après 1750, cependant, c'est une œuvre burlesque musicale qui va se développer, la burletta , cette parente pauvre de l'opéra. Quelques comédies burlesques subsistent chez Garrick, qui n'y épargne ni ses rivaux, dramaturges, ni la vulgarité des autres directeurs : Metting the Company (Présentation de la Compagnie, 1774). En se développant, le burlesque perdra son sens comique.

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Édition Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Technique et créateurs techniques

Zone(s) géographique(s) :
  • France
  • Royaume-Uni
Période(s) :
  • Renaissance
  • 17ème siècle
  • 18ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026