Effet

Événement, réplique, mot ou geste étudié en vue de provoquer chez le spectateur une impression forte et déclencher le rire, l'émotion, l'étonnement, l'applaudissement. L'effet peut être ménagé par l'auteur : il y a des pièces à effets, des scènes à effets, des rôles à effets (on les appelait des « tout cuits »), mais aussi par le metteur en scène ou par l'acteur. « On a vu des acteurs se battre en duel et des actrices, jusqu'alors intimes, s'adresser des injures de poissardes pour des effets malicieusement supprimés » (Dictionnaire théâtral, 1824). Si le coup de théâtre fait partie de l'économie dramatique, la recherche systématique de l'effet est un procédé de fabricant. L'acteur charge son jeu, il appuie ses effets, il en fait trop, il en remet, il en rajoute. Ce qu'au siècle dernier on appelait cracher sur les quinquets. L'effet fonctionne le plus souvent sur la surprise. Téléphoner un effet, c'est le préparer de façon si voyante qu'il s'en trouve éventé. Empailler un effet c'est l'exécuter de façon si maladroite qu'il rate. La mise en scène à effets vise, soit à provoquer une réaction émotive forte (explosion brutale du décor d'Anéantis de Kane, m. en sc. Ostermeier, 2005, dépeçage sanglant de la malheureuse Lavinia, fille de Titus Andronicus, dans Viol de Strauss, m. en sc. Bondy, 2006), soit à souligner le sens, dans un souci didactique parfois appuyé (Hedda Gabler d'Ibsen, m. en sc. Ostermeier, 2006).

Rédacteur(s)
Éditions Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Technique et créateurs techniques

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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
16/06/2026