Rotrou Jean de
Auteur dramatique français
Sa carrière se confond avec le règne de Louis XIII. Il est considéré comme un des meilleurs représentants du « style » de l'époque.
Né dans une famille de la bonne bourgeoisie, Rotrou fréquente tôt les milieux littéraires. Il fait partie avec Corneille des « Cinq Auteurs » qui collaborent sous l'autorité de Richelieu et occupe officiellement la fonction de « poète à gages » de l'Hôtel de Bourgogne où il succède à Hardy. En 1639 il achète la charge de lieutenant particulier du bailliage de Dreux, se marie et mène jusqu'à sa mort une vie plus paisible dans sa ville natale.
En l'espace de vingt ans, Rotrou écrit trente-cinq pièces, dix-sept tragi-comédies, dont les Occasions perdues (1633), douze comédies, dont la Belle Alphrède (1636), les Sosies (1637), six tragédies, dont Hercule mourant (1635), le Véritable Saint-Genest (1645), Venceslas (1647). Il trouve son inspiration chez Plaute ou Plutarque aussi bien que dans les romans ou la comedia espagnols. Son œuvre, le plus souvent irrégulière et classée comme « baroque », se caractérise par une imagination débridée, le goût de l'excès et du spectaculaire, une langue volontiers métaphorique. Il est parfois tenté d'appliquer les trois unités, mais c'est plutôt la démesure et la liberté qui sont les clés de sa dramaturgie. On peut, comme le fait Jacques Morel, voir la cohérence de son œuvre dans l'« ambiguïté surmontée », dans les thèmes comme dans les formes. Ce théâtre, populaire et savant, réaliste et précieux, spectaculaire et lyrique, a longtemps été occulté par le classicisme. Notre époque semble s'y intéresser de nouveau.
Bibliographie sélective
- Théâtre complet , 9, Jean de Rotrou ; [édition dirigée par Georges Forestier]textes établis et présentés par Noémie Courtès, Sandrine Berregard, Jean-Claude Vuillemin, Paris : Société des textes français modernes, impr. 2007
- Rotrou, dramaturge de l'ambiguïté , Jacques Morel, Paris : Klincksieck, 2002