RICHELIEU
(Cardinal de)
Armand Jean du Plessis
Prélat et homme d'État français
Il joignit au souci d'enrégimenter les lettres et les arts au service de la monarchie française (1634 : Académie française) une véritable adoration pour le théâtre : il fut tout à la fois spectateur passionné, constructeur, défenseur et (presque) auteur.
D'une part, il protégea les théâtres et les comédiens, attaqués sur le plan de la morale, et construisit dans son palais le plus beau théâtre de Paris (1641). D'autre part, tout en patronnant nombre de créations, il suivit les débats théoriques qui accompagnaient la naissance du théâtre classique : il supervisa l'intervention de l'Académie française dans la querelle du Cid (1637), incita d'Aubignac à établir un traité sur l'art du théâtre (la Pratique du théâtre, 1657) et lui demanda un Projet pour le rétablissement du théâtre français (ébauche publiée en 1657).
Enfin, il se voulut lui-même dramaturge, proposant idées et canevas, avec les conseils littéraires de Boisrobert et de Chapelain. Ainsi « Les Cinq Auteurs », dont Rotrou et Corneille (qui se retira après la première expérience), composèrent chacun un acte de trois pièces, la Comédie des Tuileries (1635), la Grande Pastorale et l'Aveugle de Smyrne, tragi-comédie (1637). Il recourut ensuite au seul Desmaretz, qui écrivit sous sa férule Mirame (tragi-comédie, 1639), et, seule œuvre aux intentions politiques, la comédie allégorique d'Europe (1642).
Bibliographie sélective
- Richelieu et le monde de l'esprit , [exposition, Paris], Sorbonne, novembre 1985, [organisée par la] Chancellerie des universités de Paris et [l'] Académie française, Paris : Imprimerie nationale, 1985
- Richelieu et le théâtre , Georges Couton ; préface de Alain Nidertsrévision José Sanchez, Paris : Eurédit, cop. 2008