HARDY Alexandre

Paris, vers 1570 - vers 1632

Auteur dramatique français

On ne sait rien des origines de Hardy, ni de ses études, et presque rien de sa vie.

Dès 1598, il est associé à la troupe théâtrale ambulante de Valleran-Lecomte ; il en écrit les pièces et parfois tient un rôle. Il partage cette vie aventureuse de 1601 à 1605 en province, puis de 1612 à 1626, de nouveau en province et à l'étranger, après que la troupe eut connu des échecs à Paris. Hardy devait au moins six pièces par an à son directeur ; en réalité, il en a produit au moins trois cents dont la plupart ont été perdues. Valleran, puis son successeur Le Messier, dit Bellerose, estime que la troupe est propriétaire des textes payés à Hardy et s'oppose à leur diffusion. Ce n'est qu'à partir de 1622 que celui-ci pourra publier trente-cinq de ses pièces en cinq volumes.

Les sujets de Hardy sont variés ; il emprunte à la mythologie classique, à l'Histoire (Plutarque), aux conteurs italiens et espagnols ; ainsi est-il plus proche des dramaturges élisabéthains que de ses prédécesseurs et successeurs français. On peut citer parmi ses œuvres, des tragédies : Didon se sacrifiant, Coriolan  ; des pièces mythologiques : le Ravissement de Proserpine par Pluton, la Gigantomachie ; des tragi-comédies à sujet antique : les Chastes et Loyales Amours de Théagène et Cariclée, ou moderne telle que la Force du sang ; des pastorales, qui doivent moins à l'Astrée qu'aux romans italiens : Alcée ou l'Infidélité, le Triomphe de l'amour ; aucune des comédies n'a été conservée.

L'importance de Hardy a été grande. Il a créé un théâtre qui n'est ni la farce vulgaire du populaire, ni le divertissement savant de quelques lettrés. Sous cet angle Hardy est à l'origine de la création théâtrale du XVIIe siècle, bien qu'il ne se soit guère soucié de respecter des règles… qui n'existaient pas encore. Pour ce théâtre, non sans difficultés, Hardy a formé un public longtemps réticent, d'abord en province, puis à Paris.

Cependant les œuvres de Hardy ne sont restées à aucun répertoire, à cause de défauts d'écriture. Hardy écrit trop, et trop vite, sans soigner ses textes ; de plus il a commis une erreur : grand admirateur de Ronsard et de Du Bellay, il use, au début du XVIIe siècle, d'une langue déjà vieillie, qui abonde en mots anciens, en néologismes qui n'ont pas vécu, en composés et dérivés lourds. Sa syntaxe est incertaine ou obscure. Ses pièces sont difficiles à suivre et manquent des agréments que ses successeurs sauront inventer.

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Édition Bordas, 2008

Classement

Spécialité : 17ème siècle

Zone(s) géographique(s) :
  • France
Période(s) :
  • 17ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
30/04/2026

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Alexandre Hardy