ROMAINS Jules
Pseudonyme de Louis Farigoule
Écrivain français.
Son œuvre principale est le cycle romanesque des Hommes de bonne volonté (vingt-sept volumes). Ses succès au théâtre restent liés à l'entre-deux-guerres et principalement aux noms de Jouvet et de Dullin.
Élevé à Paris où son père était instituteur, Romains a été, selon ses dires, un soir d'octobre 1903, rue d'Amsterdam, saisi d'une illumination sur la réalité des liens psychiques qui unissent les hommes. Intuition qui fut à l'origine de l'unanimisme et de ses premiers vers : L'Âme des hommes (1904). Sa conception du théâtre, dans plusieurs de ses aspects, lui doit beaucoup. Normalien, il goûte à la rue d'Ulm l'atmosphère du canular. La publication en 1913 des Copains témoigne de cette autre influence qui va devenir essentielle dans son théâtre. Le jeune agrégé de philosophie s'est lié parallèlement dès 1908 au groupe de l'Abbaye de Créteil (Duhamel, Vildrac, Arcos) qui imprime son second recueil, La Vie unanime. Il fait jouer sans grand succès à l'Odéon d'Antoine une première pièce, L'Armée dans la ville. Après la guerre, abandonnant l'enseignement, il écrit un scénario de film : Donogoo-Tonka (1920) dont la veine facétieuse et collective contient en germe son théâtre ultérieur. La même année, Copeau met en scène, avec un succès médiocre, son Cromedeyre-le-Vieil, curieux drame unanimiste en vers libres, à la fois rustique et religieux, qui, dans une lutte entre villages, montre l'éveil d'une âme de chef. À la Comédie des Champs-Élysées, en 1923, Jouvet met en scène et joue, en mai Monsieur Le Trouhadec saisi par la débauche et, en décembre, Knock ou le Triomphe de la médecine qui obtient un énorme succès. Le Mariage de Monsieur Le Trouhadec en revanche est froidement accueilli l'année suivante tout comme Le Dictateur en 1926. Dullin monte à son tour à l'Atelier en 1928 Volpone, écrit en collaboration avec Stefan Zweig d'après la pièce de Ben Jonson, nouveau grand succès confirmé au même théâtre par Musse ou l'École de l'hypocrisie (1930). On se presse encore en 1931 à Donogoo (tiré de Donogoo-Tonka) que Jouvet joue pendant plus d'un an au théâtre Pigalle. Gémier, qui trouve dans Boën ou la Possession des biens (1930) un de ses derniers rôles, n'y rencontre cependant qu'une approbation limitée. De la même époque datent aussi de très intéressantes pièces en un acte dont La Scintillante et Amédée ou les Messieurs en rang. Mais les activités politiques et pacifistes passent au premier plan chez Romains. Deux pièces seront encore publiées sans être représentées : Le Roi masqué (1932) et Grâce encore pour la terre (1941). Dullin joue sans résultat en 1947 sa dernière pièce, L'An mil.
Dans ses pièces les plus célèbres, à l'intérieur du cadre traditionnel de la comédie bourgeoise auquel il est presque toujours resté fidèle, Romains part d'un regard satirique et de personnages très schématiques pour créer peu à peu, sans nuire au comique le plus franc, une inquiétante atmosphère de bluff autour d'une ou plusieurs figures de chefs mystico-mystificateurs. À leur date, ces mensonges réussis font penser au départ des pouvoirs totalitaires et, sur le plan strict du théâtre, sont à mettre en rapport par exemple avec La Ville de Claudel et Arturo Ui de Brecht .
Bibliographie sélective
- Jules Romains , choix de textes, bibliographie, dessins, portraits, fac-similés, poèmes inédits, présentation par André Figueras, Paris : Pierre Seghers, 1952
- Jules Romains , Madeleine Berry ; préf. de Jule Romains, Paris : Éditions universitaires, 1959
- Connaissance de Jules Romains, discutée par Jules Romains,... essai de géographie littéraire , André Bourin, Paris : Flammarion (Lagny, impr. E. Grévin et fils), 1961
- Connaissance de Jules Romains, discutée par Jules Romains,... essai de géographie littéraire , André Bourin, Paris : Flammarion (Lagny, impr. E. Grévin et fils), 1961
- Théâtre
, 7 volumes, J. Romains, : Gallimard, 1925-1935
Classement
Spécialité : 19ème et début 20ème siècle
- France
- 19ème siècle
- 20ème siècle