PENCHENAT Jean-Claude
Comédien, metteur en scène et directeur de théâtre français.
Après une licence de droit à Nice où il suit aussi les cours du Conservatoire d'art dramatique, il entre à l'Institut d'études politiques de Paris en même temps qu'à l'ATEP (Association théâtrale des étudiants de Paris) où il rencontre Mnouchkine. En 1964, il fonde avec elle le Théâtre du Soleil où il remplit la fonction d'administrateur tout en participant comme acteur à tous les spectacles. À partir des Clowns (1969), il s'impose de plus en plus comme « comédien-meneur ». Dans 1789, 1793 et l'Âge d'or, les trois créations collectives qui font la célébrité du Théâtre du Soleil, il tient des rôles de premier plan.
En 1975, il met en scène de jeunes acteurs dans Le Triomphe de l'amour de Marivaux et fonde avec eux le Théâtre du Campagnol. Ensuite, il montera avec succès une adaptation collective de David Copperfield (jouée à la Cartoucherie en 1977) et En r'venant d' l'Expo de Grumberg (1979). Puis c'est le triomphe du Bal (1981), création collective sans paroles, fondée sur la musique et la danse et traduisant avec humour et tendresse les comportements sociaux à travers l'histoire proche. En 1983, le Théâtre du Campagnol est promu Centre dramatique national de banlieue sud et implanté à « la Piscine » de Châtenay-Malabry. En 1992, il devient Centre dramatique national de Corbeil-Essonnes et inaugure en 1993 un théâtre entièrement refait. En 1996, par suite d'un conflit avec la nouvelle municipalité de Marcel Dassault, qui lui supprime sa subvention, le Campagnol est contraint de quitter ce lieu, cependant que l'État le confirme dans sa mission de CDN.
Aimant particulièrement varier les expériences, Penchenat alterne les mises en scène d'œuvres d'auteurs anciens (Goldoni, Marivaux, Monnier) et contemporains (Grumberg, Vincenzo Cerami) – lui-même écrit une pièce d'inspiration autobiographique : 1, place Garibaldi (1990) –, les créations collectives : le Voyage à Rome, le Jeu des sept familles (1993). De Goldoni, il traduit plusieurs pièces inédites en français et en met en scène trois, jamais jouées en France (Une des dernières soirées de Carnaval, 1990). De Marivaux, il monte l'intégrale des 21 pièces en un acte (1988). Le mélange des styles, l'exploration de la mémoire tant collective qu'individuelle (les créations s'élaborant souvent à partir de récits recueillis dans la population), le travail autour de la comédie, l'importance de la musique sont des fils directeurs de son répertoire. Cherchant à inventer sans cesse de nouvelles formes de rencontre avec son public – l'originalité du Campagnol est de ne pas séparer l'animation de la création –, à retrouver le plus possible la troupe permanente, Penchenat opte pour un théâtre généreux qui, tout en visant une grande lisibilité, ne renonce en rien aux ressources de la poésie et de la magie de l'art scénique. Son goût de la musique l'a amené à monter aussi des opéras, entre autres, pour le festival d'Aix-en-Provence, Tancrède de Campra (1986). En 1998, il réalisera avec la Facture le projet qui lui tient à cœur depuis longtemps : créer une comédie musicale française.
Bibliographie sélective
- Le théâtre du Campagnol , Évelyne Ertel, Paris : Nizet, 1996
Classement
Spécialité : 21ème siècle
- France
- 20ème siècle
- 21ème siècle