MORIER-GENOUD Philippe
Acteur Français
Sa passion naît grâce au Théâtre partisan à Grenoble où il s'associe à Lavaudant, qu'il ne quittera plus, et à Garcia-Valdès (1968). Après avoir dirigé de 1970 à 1975, en compagnie de Cousin, le CREFATS (Centre de recherche d'entraînement et de formation aux activités théâtrales et socio-éducatives), il devient permanent au CNDA (1975-85) puis au TNP de Villeurbanne, enfin au Théâtre national de l'Odéon (1995-2005). Cette fidélité artistique lui permet d'exalter la richesse de sa palette d'interprète. Sous la direction de Lavaudant, il explore Lorenzaccio (le Duc) de Musset (1975) ; Palazzo Mentale de Pierre Bourgeade (1976) ; Les Géants de la montagne de Pirandello (1981) ; Richard III (la Reine Margaret, 1984) et Le Roi Lear (Lear) de Shakespeare (1976) qu'il joue à nouveau au Festival d'Avignon dans la cour d'Honneur (m. en sc. Mesguich, 1981). Il sert aussi le théâtre de Tchekhov : La Cerisaie (m. en sc. Monnet, 1980) ; Les Trois Sœurs (m. en sc. Garcia-Valdès, 1983 et 1985). Lorsqu'il réalise George, l'homme en robe (1981), on apprécie un comédien visant à l'effacement de sa subjectivité d'acteur au profit de la restitution et de l'imitation. La rencontre de René Char en 1986 confirme son plaisir insatiable de la poésie et des textes contemporains. Il défend ainsi l'écriture de Jean-Christophe Bailly : Les Céphéides (1983) ; Le Régent (1986) ; Pandora (1992) ; El Pelele (2003). Il incarne avec ferveur le personnage de Philoctète de Sophocle (1997), le philosophe Thomas Paine dans La Mort de Danton de Büchner (2002) et déploie sa verve comique dans le rôle de Vézinet d'Un chapeau de paille d'Italie de Labiche (1997), et celui de Bouzin d'Un fil à la patte de Feydeau (2001), quatre productions de Lavaudant à l'Odéon. Il tourne dans près de quarante films signés entre autres par Truffaut, Rivette, Ruiz, Boisset, Malle, Kieslowski. Morier-Genoud apparaît toujours habité par une boulimie des mots assumée avec le sang-froid d'un alchimiste inventeur de nouvelles formules vitales parce que théâtrales.