GUÉNOUN Denis

Oran, 1946

Metteur en scène, auteur dramatique, philosophe, essayiste français et professeur à la Sorbonne-Paris IV.

Il fonde (avec Patrick Le Mauff et Bernard Bloch) la compagnie L'Attroupement (1975-1982). Ce collectif d'acteurs repose sur l'idée de communauté, de partage des rôles, d'autonomie de la production et de l'affirmation du principe des répétitions en public. Sous le « regard » de Guénoun, cette troupe interprète Roméo et Juliette (1975), La Nuit des rois (1976), Jules César (1976), de Shakespeare ; Agamemnon d'Eschyle (1977) ; La Chanson de Roland (1978) ; Le Jeu de saint Nicolas de Bodel (1980) ; Un chapeau de paille d'Italie de Labiche (1981) ; l'Énéide d'après Virgile (1982). Son aventure scénique se poursuit avec les équipes du « Grand Nuage de Magellan » (1982-1990) et celle du Centre dramatique national de Reims (1986-1990). Il y crée Faust de Goethe (1987) et met parfois en scène ses propres textes : Un conte d'Hoffmann (1987) ; X ou le Petit Mystère de la passion (1990). En 1986-1987, il est président du Syndeac. Au cours de ses réalisations s'affirme une écriture soucieuse de raconter en forme de fresque le phénomène des générations artistiques. Le Printemps (1985) expose la confrontation au début du XVIe siècle de Michel-Ange (l'art) avec trois de ses contemporains : Copernic (la science), Luther (la religion) et Las Casas (la politique). Dans le cadre de l'histoire du premier romantisme allemand, La Levée (1989) tente l'assemblage et la confrontation de paroles anonymes saisies par la philosophie de la révolution avec les idées de géants tels Goethe, Napoléon, Schlegel, Schelling. Avec Le Pas, théâtre-récit (lectures-spectacles en 1991-1992) deux vies se croisent sans rencontre, au carrefour des années trente : un cinéaste presque russe (qui rappelle Eisenstein) et un philosophe quasi allemand (qui ressemble à Benjamin).

En 1990, Guénoun renonce brusquement au plateau. Retour à l'ascèse de la pensée exacerbant l'exercice du questionnement et de la critique pour s'apprendre à conduire une mise en crise de l'écriture de soi entre théâtre, politique (l'incessante question de l'Europe) et la philosophie. De cette rupture sont nés des essais qui ne nient pas le théâtre mais l'interrogent : comment la nature dudrame et l'existence sur la scène, lieu de l'agir et lieu du regard, matérialisées par la profération des mots, fondent-elles à nouveau la nécessité du théâtre comme acte civil et politique ?

Rédacteur(s)
Éditions Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle

Zone(s) géographique(s) :
  • France
Période(s) :
  • 20ème siècle
  • 21ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
13/02/2026

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Denis Guénoun