EISENSTEIN Sergueï
Sergej Mihajlovič Èjzenštejn
Metteur en scène de théâtre soviétique, cinéaste, théoricien du cinéma.
Après des études d'ingénieur et une activité très éclectique pour le théâtre aux armées (1917-1920), il partage son activité de 1920 à 1922 entre l'atelier de Foregger (MastFor), les Ateliers supérieurs d'État de Meyerhold et le Proletkult (jusqu'en 1924). Faire un bon spectacle, pour Eisenstein, c'est ordonner un programme de music-hall et de cirque à partir des situations d'un texte théâtral. Au MastFor, avec Youtkevitch, il monte des parodies, crée des costumes-collages et cherche à secouer les spectateurs avec des attractions de cirque. Chez Meyerhold, il étudie la biomécanique, prépare des spectacles dont restent des esquisses : pour Le Chat botté de Tieck (1921), un dispositif scénique de volumes et de plans géométriques colorés ; pour La Maison des cœurs brisés de Shaw (1922), une machine à jouer constructiviste. Parmi ses réalisations au Proletkult, Le Mexicain d'après London (1921) combine la structuration plastique et géométrique d'un espace scénique et les attractions burlesques. Le ring du match de boxe, installé en avant de la scène, crée une attraction très forte pour le public, parodié par les spectateurs-acteurs sur la scène. Le Sage (1923) – Il n'est si sage qui ne faille (Na vsjakogo mudreca dovol'no prostoty) d'Ostrovski transformé par Tretiakov en pièce d'agitation burlesque – s'ouvre aux numéros d'acrobatie, de dressage et de clowns excentriques. Les scènes, chacune de contenu différent, dont un film très court, sont juxtaposées de telle sorte que le spectateur passe sans transition du rire à la peur, à la stupeur, à la curiosité. Eisenstein publie alors Le Montage des attractions : une attraction est définie comme tout moment indépendant, arbitrairement choisi, qui produit chez le spectateur un choc sensoriel ou psychologique, et dont la succession lui impose un effet thématique déterminé. Les spectacles suivants mettent en scène Tretiakov : Entends-tu, Moscou ?, mêlant drame et guignol, et Masques à gaz dont la représentation dans une usine véritable révèle le déséquilibre entre la réalité usinière, fonctionnelle et plastique, et l'estrade théâtrale, et oriente Eisenstein vers le cinéma. Entre plusieurs projets d'opéra et de ballet avec Prokofiev, Eisenstein crée les décors et la mise en scène de La Walkyrie de Wagner (Bolchoï, 1940).
Classement
Spécialité : Europe centrale et Russie
- Lettonie
- Russie
- 20ème siècle