GIDE André

Paris, 1869 - Paris, 1951

Écrivain et auteur dramatique français

Bien que Gide ne doive rien de sa gloire au théâtre, il n'a cessé de lui manifester de l'intérêt, comme critique (à la dent dure il est vrai), comme ami de Copeau et du Vieux-Colombier, comme auteur, du Roi Candaule (1901) à Saül (1922), à Œdipe (1932) et au Treizième Arbre (1939), et comme adaptateur de Shakespeare et de Tagore. Il a été mis en scène par les plus grands : Lugné-Poe, Copeau, Pitoëff, Herrand. Hostile au naturalisme qui ne saisit que le « réalisme des accessoires », Gide ne prône pas pour autant une littérature dramatique désincarnée et « poétique », mais il soutient l'expérience théâtrale de Copeau (fréquenté à la revue l'Hermitage puis à la NRF). Quoique indirecte, l'influence de Gide sur le théâtre jusqu'en 1939 est réelle. Les problèmes que Copeau s'ingénie à résoudre : restituer sa beauté au spectacle scénique, établir de nouveaux rapports entre l'auteur, l'acteur et la scène, former le spectateur, sont ceux-là mêmes que pose Gide à travers des conférences, des articles, des échanges avec les hommes de théâtre. Lerminier va jusqu'à dire : « Le chef-d'œuvre dramatique d'André Gide, c'est Copeau. » Les audaces de Gide en tant qu'auteur sont pourtant plutôt de pensée que d'écriture dramatique. Ainsi pour son Œdipe : « C'est un Nietzsche dont le regard ose franchir les bornes du bien et du mal ou les déplacer » (R. Kemp). La morale de Gide est laïque et humaniste, point tragique ; son personnage est « disponible » comme le Lafcadio des Caves du Vatican. Peut-être le véritable don de Gide dramaturge l'aurait-il porté vers une forme sèche et sardonique de comique ?

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Édition Bordas, 2008

Classement

Spécialité : 19ème et début 20ème siècle

Zone(s) géographique(s) :
  • France
Période(s) :
  • 19ème siècle
  • 20ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026