FELSENSTEIN Walter
Metteur en scène de théâtre et d'opéra d'origine autrichienne. Felsenstein par sa recherche d'une nouvelle pureté du « théâtre musical » a influencé les représentations de l'art lyrique en Allemagne.
Après des études de théâtre à Vienne, il obtient ses premiers engagements comme acteur à Lübeck et à Mannheim (1924-1925), puis comme régisseur à Bâle (1927-1929) et à Fribourg (1932-1934). Metteur en scène d'opéra à partir de 1932 à Cologne et à Francfort, il rêve d'un spectacle qui abolisse les frontières entre le théâtre et le drame lyrique. La perfection de ses mises en scène s'accompagne de la volonté de libérer l'opéra d'une ornementation conventionnelle pour créer un véritable « théâtre musical ». Il n'hésite pas à monter les opéras de Wagner sans décors, dépouillant la scène à l'extrême, utilisant des effets d'éclairage inspirés des théories d'Appia. Son style séduit autant qu'il scandalise. Exclu de la Chambre de culture du Reich en 1933, il ne parvient à monter que des opérettes à Berlin. Il émigre à Zurich et donne à sa conception esthétique une nouvelle ampleur. De retour à Berlin en 1940, il interprète des rôles dans des œuvres classiques, grâce à la protection de Gründgens et H. George, favorables au nouveau régime. Jusqu'en 1944, il collabore difficilement aux théâtres allemands ; les nazis récusent son style. Nommé intendant à l'Opéra-Comique de Berlin en 1947, il crée immédiatement un répertoire dont la diversité et la beauté seront considérées comme l'un des événements artistiques majeurs de l'après-guerre. Les mises en scène se succèdent, avec la même perfection esthétique et la recherche de cette pureté formelle qui reste liée à son nom. Montant avec le même succès la Chauve-souris (1947), Orphée aux enfers (1948), la Vie parisienne (1951), Falstaff (1952), la Flûte enchantée (1954), la Femme sans ombre (1954), les Contes d'Hoffmann (1958), Othello (1959), la Traviata (1960), le Songe d'une nuit d'été (1961), Don Juan (1966, traité de « fête analytique » par la critique), l'Amour des trois oranges (1968), Un violon sur le toit (1971), Felsenstein est considéré comme le continuateur de Reinhardt pour l'éblouissante maîtrise de ses mises en scène, qui font de lui le maître de l'art lyrique au XXe siècle.
Bibliographie sélective
- Musiktheater , Beiträge zur Methodik und zu Inszenierungs-Konzeptionen, Walter Felsenstein, Götz Friedrich, Joachim Herz ; hrsg. von Stephan Stompor, Leipzig : P. Reclam jun., 1970
Classement
Spécialité : Europe du Nord
- Allemagne
- 20ème siècle