OSTROVSKI Aleksandr
[Ostrovskij]
Auteur dramatique russe dont la cinquantaine de pièces domine le répertoire de 1850 à 1885.
Considéré comme un maître du théâtre de mœurs, il a dressé une fresque sociale minutieuse de la Russie, à travers des situations et des personnages représentatifs, avec une langue savoureuse et juste. Toutes les couches de la société, sauf les paysans, y figurent, surtout les marchands, avec leur despotisme, leur ignorance, leur grossièreté, leur avidité, leur capacité d'humilier les faibles : Cœur ardent (Gorjačee serdce), L'Orage (Groza). Plus rarement apparaissent des fonctionnaires : Une place lucrative (Dohodnoe mesto) ; des propriétaires fonciers : La Forêt (Les), Il n'est si sage qui ne faille (Na vsjakogo mudreca dovol'no prostoty) ; des comédiens. On lui doit aussi quelques drames historiques et une féerie sur les mythes païens : La Fille des neiges (Sneguročka), adaptée pour l'opéra. Il a contribué à consolider le réalisme du Maly.
Trois dates marquent l'évolution de son interprétation à la scène, et d'abord en 1915 la mise en scène tragique et romantique de L'Orage par Meyerhold. En 1923, le slogan de Lounatcharski, « Retour à Ostrovski », lancé pour pallier le schématisme ambiant, suscite trois mises en scène capitales : la très joyeuse Forêt (1924) où Meyerhold utilise le principe du montage et inaugure la relecture politisée et polémique des classiques, Cœur ardent (1926) par Stanislavski et L'Orage (1924) par Taïrov. Enfin, au début des années 1970, en liaison avec le cent cinquantenaire de sa naissance, de nombreux spectacles redécouvrent la force poétique du monde ostrovskien occultée par les réalismes tant académique que socialiste (m. en sc. Zakharov, Fomenko, Golikov, Lioubimov). Au début des années 1990, ses pièces connaissent un regain d'intérêt dans la nouvelle Russie, en raison de l'actualité de leur thèmes et conflits : en 1992 et 1993, Pučina (Le Gouffre), m. en sc. Jenovatch; Bez viny vinovaty (Les Coupables innocents) , m. en sc. Fomenko. En France, en dehors de L'Orage, La Forêt, Cœur ardent (m. en sc. Sobel), Ostrovski est peu joué.
Bibliographie sélective
- Ostrovski et son théâtre de moeurs russes , J. Patouillet,..., Paris : Librairie Plon, Plon-Nourrit et Cie, 1912
Classement
Spécialité : Europe centrale et Russie
- Russie
- 19ème siècle