D'ANNUNZIO Gabriele
Poète, romancier et dramaturge italien
Figure majeure du décadentisme italien, sa vie tumultueuse et son image de « prophète »-soldat compromis dans le nationalisme et le fascisme ont longtemps nui à la perception sereine de son importance culturelle.
D'Annunzio vient au théâtre en 1896 dans l'espoir d'un gain réparateur, mais porté surtout par la volonté de contribuer avec la « divine Eleonora Duse » à la renaissance d'une dramaturgie italienne échappant à jamais à la logique naturaliste et bourgeoise. L'exemple des Chorégies d'Orange, le désir d'un contact presque sensuel avec le public et enfin la lecture de Nietzsche l'engagent sur la voie d'une tragédie moderne vouée à la religiosité et au rituel. Les thèmes sont empruntés aux mythes grecs dans La Ville morte (La Città morta, 1898) que crée Sarah Bernhardt, à l'histoire italienne (Francesca da Rimini, 1901) ou aux traditions populaires dans La Fille de Jorio (La Figlia di Iorio, 1904). Mais un symbolisme diffus à la Maeterlinck et le lyrisme des personnages créent un drame-débat où triomphe le mot. Dilatant le message jusqu'à la propagande dans les pièces politiques ou inspirées par la doctrine nietzschéenne du surhomme comme La Nef (La Nave, 1908), le théâtre de D'Annunzio aspire toutefois à fondre tous les éléments du spectacle en un drame total, équivalent latin de la création wagnérienne. Et si Le Martyre de saint Sébastien (écrit en français), qui allie la voix humaine à la musique de Debussy, connaît en 1911 un glorieux échec, une dimension rythmico-verbale ignorée de la dramaturgie italienne de l'époque s'est néanmoins affirmée.
Bibliographie sélective
- D'Annunzio dramaturge , par Armand Caraccio,..., Paris : Presses universitaires de France, 1951
Classement
Spécialité : 19ème et début 20ème siècle
- Italie
- 19ème siècle
- 20ème siècle