DUSE Eleonora
Comédienne italienne.
Elle est considérée comme la plus grande de son époque, et, mythiquement, de tous les temps. Rivale de Sarah Bernhardt , pour laquelle elle garda toujours une admiration profonde.
Enfant de la balle, après avoir joué dès l'âge de quatre ans dans la troupe de ses parents, elle obtient son premier succès dans le rôle de Thérèse Raquin (1879). Dès 1882, elle joue les premiers rôles. En 1886, elle fonde sa propre troupe et se lie d'un amour secret avec le poète Arrigo Boito qui traduit pour elle Antoine et Cléopâtre, la seule pièce de Shakespeare qu'elle ait interprétée (1888) : son répertoire est composé surtout de pièces de Dumas fils, de Sardou et, plus tard, d'Ibsen, dont elle interprète Maison de poupée, Hedda Gabler, Rosmersholm. Dès 1890, elle joue bien plus souvent à l'étranger qu'en Italie : en 1897 on l'invite pour la première fois à Paris, ce qui, pour un acteur italien, était une sorte de consécration. En cette même année, elle devient la maîtresse de D'Annunzio, dont elle sera l'interprète jusqu'en 1904. Après la séparation d'avec le poète, Eleonora Duse revient à son ancien répertoire qu'elle jouera jusqu'en 1908, date où elle quitte le théâtre. En 1916, elle interprète son seul film, Cendre. En 1921, elle revient au théâtre pour y jouer des rôles de mère : Hélène Halving dans Les Revenants d'Ibsen, entre autres.
Dépourvue de tous les moyens physiques et vocaux que l'on demandait à une grande actrice (« elle n'a rien que son génie », dit Shaw), son jeu impressionna les contemporains. On voyait en elle le modèle non seulement de la nouvelle comédienne, mais aussi de la femme moderne, chétive et névrosée. En effet, on n'arrivait pas à distinguer dans son jeu mélangé d'artifice et de réalité absolue ce qui revenait au rôle et ce qui, au contraire, appartenait à la femme dont les souffrances et surtout le douloureux vide spirituel s'étalaient au grand jour sur la scène. Son jeu changea avec l'interprétation des pièces de D'Annunzio, où la comédienne cherchait à disparaître, en se sacrifiant à l'œuvre du poète.
Bibliographie sélective
- Vita di Eleonora Duse , Olga Signorelli, Bologna : Capelli, 1962
- L' Attrice divina , Eleonora Duse nel teatro italiano fra i due secoli, Cesare Molinari, Roma : Bulzoni, 1985
Classement
Spécialité : Europe du Sud et Amérique latine
- Italie
- 19ème siècle
- 20ème siècle