BRAGAGLIA Anton Giulio
Metteur en scène italien de théâtre et de cinéma. Personnalité dérangeante, mais de tout premier plan dans le théâtre italien de l'entre-deux-guerres, Bragaglia a une activité multiforme.
Après des études d'archéologie, il est longtemps journaliste et essayiste tout en étant constamment présent dans le monde du spectacle en tant que metteur en scène (théâtre et cinéma) et comme chercheur et théoricien du « théâtre théâtral ». Ayant fait sienne cette formule, à la suite de metteurs en scène tels que Fuchs, Evreinov et Baty, Bragaglia livre une âpre bataille, dans l'Italie des trente premières années de ce siècle, où l'on s'efforce tant bien que mal de définir une théorie et une pratique de la mise en scène, pour imposer un langage spécifique, affranchi de toute sujétion au texte dramatique. Dans ses ouvrages : La Maschera mobile (1927), Del teatro teatrale ossia del Teatro (1929), Bragaglia expose ses idées d'avant-garde, résolument opposées à celles de Silvio D'Amico, la plus grande autorité critique d'alors, et inspirateur officiel d'une réforme rétrograde qui place la mise en scène au service exclusif des droits poétiques des auteurs.
Compagnon de route des futuristes lors de nombreuses manifestations artistiques et théâtrales, Bragaglia n'adhère cependant jamais officiellement au mouvement de Marinetti. Son activité théâtrale de corago (terme classique par lequel il aime à se définir), c'est-à-dire de décorateur, technicien et metteur en scène, débute en 1919 avec sa collaboration à la mise en scène de deux pièces de Rosso di San Secondo : Per fare l'alba et La Bella Addormentata ; il expérimente à cette occasion les effets de « lumière psychologique ». Mais c'est surtout dans son activité au Théâtre expérimental des Indépendants, fondé à Rome en 1923, et qu'il dirige pendant dix ans avec son frère Carlo-Ludovico, que Bragaglia peut mener à bien ses projets de rajeunissement du théâtre italien, tant pour la mise en scène que pour l'élargissement du répertoire. Il y représente environ deux cents pièces nouvelles, italiennes ou étrangères (de Pirandello, Bontempelli, Marinetti, Wedekind, Jarry, Strindberg, Brecht). Ses mises en scène témoignent d'une grande ambition novatrice, mais elles ont le plus souvent à souffrir de l'insuffisance des équipements techniques ainsi que du caractère approximatif, voire de l'amateurisme de l'interprétation.
De 1937 à 1943, Bragaglia poursuit sa tâche en qualité de directeur du nouveau théâtre des Arts, fondé à Rome dans le cadre de la politique culturelle du fascisme, mais où on le laisse libre de ses choix artistiques. Après la guerre, son activité théâtrale se ralentit et Bragaglia se consacre surtout à la critique et à des travaux sur l'histoire du spectacle, et en particulier sur la commedia dell'arte.
Bibliographie sélective
- La Maschera mobile... , Foligno : F. Campitelli, 1926
- Del teatro teatrale ossia del teatro... , Roma : "Edizioni Tiber", 1929
- Il Teatro della Rivoluzione , Roma : ed. "Tiber", 1929
- Fotodinamismo futurista , Anton Giulio Bragaglia, Torino : G. Einaudi, cop. 1970
Classement
Spécialité : Europe du Sud et Amérique latine
- Italie
- 19ème siècle
- 20ème siècle