Scènes historiques
Mode d'écriture « théâtrale » mis à l'honneur par Ludovic Vitet (1802-1875) dont la tradition pourrait remonter au François II (1747) du président Hénault. Aux débuts du romantisme, l'Histoire est une arme brandie contre le pouvoir et une manière d'affirmer de nouveaux préceptes esthétiques. « Le goût en France, écrit Vitet dans le Globe, attend son Quatorze Juillet. » Il compose alors une trilogie de scènes historiques à laquelle il donne le titre de la Ligue : Les Barricades (1826), Les États de Blois (1827), La Mort de Henri III (1829). L'ensemble, conçu pour la lecture et non pour la représentation, cherche à mettre « l'Histoire en action » et en dialogues en respectant la vérité historique sans arranger dramatiquement les événements.
Le conflit éclate alors avec les dramaturges romantiques, Vigny reprochant à Vitet de chercher à prouver que « la réalité historique était préférable à la poésie ». À la même époque, on peut observer des expressions théâtrales proches de la doctrine de Vitet chez Loève-Veimars, Cavé et Dittmer, Rémusat. D'une façon plus débridée, Le Théâtre de Clara Gazul (1825) et La Jacquerie (1828) de Mérimée participent du même esprit. Existe en outre une autre filiation, celle qui par le biais d'Une conspiration en 1537 de George Sand conduit Musset à Lorenzaccio et à Un spectacle dans un fauteuil.
Bibliographie sélective
- Impossibles théâtres , XIX-XXe siècles, [textes de Jean-François Louette, Jean-Marie Thomasseau, Florence Naugrette, et al.] ; [réunis par Bernadette Bost, Jean-François Louette, Bertrand Vibert], Chambéry : Ed. Comp'act, 2005
Classement
Spécialité : 19ème et début 20ème siècle
- France
- 19ème siècle