Proverbe
Pièce généralement courte, dont soit le titre, soit la conclusion est un proverbe. La surprise recherchée est dans la distance du titre à l'intrigue, ou dans la façon détournée dont l'intrigue amène à une « moralité » proverbiale.
Le genre est ancien ; il est formalisé dès le début du XVIIIe siècle en France (Mme Durand). Souvent proche de la parade de société, il s'en éloigne avec Collé et Carmontelle. Genre mondain surtout (court et facile à mettre en scène, n'exigeant qu'un peu d'esprit de finesse, comme la charade qui lui succédera dans les salons bourgeois), il trouve aussi une bonne place dans les théâtres des Boulevards de la fin du XVIIIe et du XIXe siècle.
À Carmontelle succède, après les grandes secousses politiques, Théodore Leclercq (Paris 1777-1851), plus écrivain, un peu plus mièvre, un peu moins abondant. Plusieurs romantiques devinent les possibilités du genre, dont Musset tire un grand parti. On l'a pratiqué aussi longtemps que celui de la « pièce bien faite », dont il est le complément plus familier et relâché.
Bibliographie sélective
- Le développement du proverbe dramatique en France et sa vogue au XVIIIe siècle , avec un proverbe inédit de Carmontelle, par Clarence D. Brenner, Berkeley : University of California press, 1937