National theatre
en Grande-Bretagne
La première campagne pour la création d'un théâtre national en Grande-Bretagne date de 1834. Mais c'est seulement en 1949 que le Parlement vote une loi dégageant les fonds pour la construction du bâtiment. En 1963 la première compagnie, installée à l'Old Vic Theatre, est constituée sous la direction d'Olivier. Pendant les treize saisons antérieures à l'inauguration du nouveau bâtiment, cette compagnie monte de nombreuses mises en scène notables, non seulement des classiques, mais aussi des pièces nouvelles, telles The Royal Hunt of the Sun (La Chasse royale du soleil, 1964) de Shaffer, ou Rosencrantz and Guildenstern Are Dead (Rosencrantz et Guildenstern sont morts, 1967) de Stoppard. Les travaux commencent enfin en 1969 grâce, en partie, à l'énergie de Jennie Lee, première femme ministre de la Culture dans l'histoire de la Grande-Bretagne. L'architecte, Lasdun, a dessiné trois salles sous un même toit sur la rive sud de la Tamise : The Lyttleton (ouverte en mars 1976), salle moyenne traditionnelle ; The Olivier (ouverte en octobre 1976), grande salle disposée en demi-cercle autour d'une scène en éperon, et The Cottesloe, petite salle polyvalente (ouverte en mars 1977). En 1973 Olivier cède le poste de directeur à Hall qui continue la politique de son prédécesseur : un mélange de pièces anciennes et modernes, anglaises et étrangères. La subvention, très importante par rapport à celle des autres théâtres subventionnés, est souvent contestée par les Repertory Theatres (théâtres des régions). En 1988 à Hall succède Richard Eyre, metteur en scène qui avait travaillé jusqu'alors dans ces mêmes théâtres régionaux.
De 1988 à 1997, sous la direction de Richard Eyre, le National Theatre connaît une période de consolidation et de grande réussite. Sa politique, à l'instar de Hall, est de toucher un public très large, ce que d'aucuns ont ressenti comme une dérive populiste : le répertoire éclectique et varié comprend à la fois Ibsen et Guys and Dolls , Shakespeare, Caryl Churchill et les grands auteurs du théâtre de boulevard. Eyre a ouvert son théâtre à des compagnies d'avant-garde, tel Cheek by Jowl et le Théâtre de Complicite, à des compagnies des minorités ethniques comme TARA arts, et à de jeunes écrivains, assurant la création de nombreux textes neufs et expérimentaux. Nunn lui succède en 1997. Il augmente considérablement l'attrait commercial du théâtre en engageant des vedettes comme Vanessa et Corin Redgrave pour La Cerisaie (2000), et en programmant des pièces qui se prêtent facilement au transfert au West End et à Broadway. Les détracteurs de Nunn, qui comptent certains auteurs qui s'écartent du National ainsi dirigé, l'accusent de mercantilisme, d'autant plus que son salaire est directement lié aux profits du théâtre. Nicholas Hytner, qui prend à son tour la direction du National en 2003, perpétue l'esprit commercial, mais il réintroduit des œuvres sérieuses, et surtout politiques. Sa mise en scène inaugurale, Jerry Springer : The Opera (2003), représente de manière peu respectueuse les figures sacrées de la tradition judéo-chrétienne ; Des choses qui arrivent (Stuff Happens, 2004) de Hare dénonce les failles de l'argumentation développée pour justifier l'invasion de l'Irak. Hytner se distingue par sa volonté d'ouverture : il offre les mises en scène à ses collègues, notamment Howard Davies et Katie Mitchell, et 75 % des places dans l'Olivier Theatre sont vendus à un tarif très avantageux, grâce à la sponsorisation d'une entreprise financière, ce qui tente le grand public. En outre, La Cuisine d'Elmina (Elmina's Kitchen, 2007) de Kwame Kwei-Armah attire pour la première fois, au National, un public noir. En 2006 le théâtre est régulièrement rempli à 94%, mais la qualité et l'originalité des spectacles ne sont pas forcément à la hauteur de leur succès commercial.
Classement
Spécialité : Amérique du Nord et Iles Britanniques
- Royaume-Uni
- 20ème siècle
- 21ème siècle