HARE David
Auteur dramatique anglais.
Une des voix les plus talentueuses du jeune théâtre politique des années soixante-dix.
On a toujours sollicité Hare pour le cinéma autant que pour le théâtre, qu'il s'agisse de productions privées ou subventionnées par l'État ; son travail sur le médium cinématographique est vraisemblablement à l'origine de son goût prononcé pour les images fortes dans ses pièces, et de la facilité avec laquelle il a pu attirer au théâtre de grandes vedettes du cinéma comme Meryl Streep et Anthony Hopkins. Il fonde Portable Theatre (avec Tony Bicât et Snoo Wilson) en 1968, travaille au Royal Court Theatre (1969-1971) pour ensuite collaborer avec Bill Gaskill et Max Stafford-Clark à partir de 1974 au Joint Stock Theatre Company. Après le succès de Fanshen (1975), il écrit une seconde pièce pour Joint Stock : Teeth'n Smiles (Dents et sourires, 1975) qui est l'occasion d'une interprétation particulièrement brillante par Helen Mirren. Plusieurs de ses pièces ont été créées au National Theatre ; Plenty (Abondance, 1978), par exemple, comme beaucoup de ses pièces, propose une méditation complexe sur l'évolution de la Grande-Bretagne allant de la victoire sur le nazisme en 1945 aux marasmes et aux impasses politiques de la fin des années soixante-dix. Avec cette pièce, Hare rompt avec le radicalisme du Portable Theatre pour prendre un tournant consensuel qui lui rallie le grand public. En 1982 Hare fonde Greenpoint Films et signe plusieurs scénarios, mais il continue à écrire pour la scène et sa force principale est celle d'un grand auteur de dialogues. En 1993, le National Theatre fait salle comble avec sa trilogie sur les problèmes politiques en Grande-Bretagne après une décennie de thatchérisme : Le Diable court (Racing Demon) ; Le Murmure des juges (Murmuring Judges) ; Absence de guerre (Absence of War).
Les pièces que Hare écrit ensuite reposent sur le principe d'observations politiques saisies par le biais d'expériences individuelles : dans Skylight (National Theatre, 1996), une jeune femme s'engage dans l'action pédagogique au service de jeunes déshérités ; dans La Vue d'Amy (Amy's View, National Theatre, 1997), le conflit entre la protagoniste, comédienne de théâtre, et son gendre, producteur d'émissions à grande diffusion, permet d'ouvrir un débat idéologique entre, d'un côté les médias qui prétendent servir le grand public mais en manipulent pourtant l'opinion, et de l'autre le théâtre, art véritable, quoique élitiste. La série de pièces qui suit est dominée par le thème du conflit au Moyen-Orient. En 1998, Hare écrit et joue dans Via Dolorosa (Royal Court), monologue qui reflète l'hétérogénéité des voix qui résonnent dans cette région du monde ; Des choses qui arrivent (Stuff Happens, National Theatre, 2005) juxtapose de la fiction et des discours, rapportés mot pour mot, d'une quarantaine des principaux personnages impliqués dans l'invasion de l'Irak ; dans L'Heure verticale (The Vertical Hour, 2006), des discussions vives et animées portent sur l'amour, la mort, le mariage, et l'incontournable guerre d'Irak. Hare est aussi connu pour ses adaptations, dont celle de La Chambre bleue (The Blue Room, 1998, m. en sc. Bernard Murat, Théâtre Antoine, 1999), de La Ronde de Schnitzler, de Platonov et Ivanov de Tchekhov (2001).
Bibliographie sélective
- The plays of David Hare , Carol Homden, Cambridge : Cambridge university press, 1995
Classement
Spécialité : Amérique du Nord et Iles Britanniques
- Royaume-Uni
- 20ème siècle
- 21ème siècle