Gestuelle
(théâtre grec antique)
Nous avons peu d'indications sur l'art des gestes dans le théâtre grec et ce que les textes nous apprennent doit être complété par les représentations figurées.
La gestuelle est à l'origine très proche de la danse, notamment pour l'interprétation des chœurs. En ce qui concerne les personnages du drame, leur gestuelle, soulignée par les particularités du costume qui grandit et grossit l'acteur, est très stylisée. L'art des gestes se divise en chironomie, ou art de l'expression par les bras, les mains et les doigts : cet art, semble-t-il, comporte un ensemble de signes codés (la main droite levée avec deux doigts écartés exprime, par exemple, non la victoire, mais l'interdiction) et en schemata, ou science des attitudes. Deux écoles se sont opposées à l'époque classique : l'ancienne fut représentée par Mynniscos, l'acteur d'Eschyle, puis par Eschine, au IVe siècle. Elle cultivait la noblesse des attitudes et l'économie dans les gestes. Les interprètes d'Euripide cultivaient au contraire le réalisme. Aristote nous précise que Mynniscos traitait Kallippide de « singe » à cause de sa gesticulation exagérée. À partir de l'époque hellénistique, les acteurs grecs s'en tinrent tous au grand style empreint de hiératisme, le port du cothurne à haute semelle ne permettant pas d'ailleurs une gestuelle très animée.
Bibliographie sélective
- Cahiers du G.I.T.A. , Université Paul Valéry-Montpellier [3], Groupe interdisciplinaire du théatre antique ; [dir. publ. Paulette Ghiron-Bistagne], Montpellier : Université Paul Valéry-Montpellier III, G.I.T.A., 1985-2011
- Transe et Théâtre
, P. Ghiron-Bistagne, Montpellier : Université de Montpellier, 1988
Classement
Spécialité : Antiquité - 16ème siècle
- Grèce
- Antiquité grecque