Entracte

Suspension de la représentation pour diverses raisons : techniques (changements de décors, ou de bougies au XVIIe siècle), humaines (ménager les comédiens), mondaines (le public y échange civilités et impressions). Au regard de la dramaturgie, l'entracte n'est pas moins utile. Bien souvent, en effet, il équivaut à une ellipse : le dramaturge jette le voile (ou baisse le rideau) sur des épisodes indésirables au nom des bienséances, ou non représentables en raison de leur nombre ou de leur étendue. Ce qui l'oblige à soigner les lisières de l'entracte : la reprise qui requiert un comblement rétrospectif mais aussi l'approche de l'entracte qui peut se traiter en relance ou en question. Là-dessus, la pratique moderne en prend à ses aises. Elle place l'entracte à un autre moment que celui prévu par le texte ou au terme d'une séquence qui n'est pas nécessairement l'acte ; elle le supprime et se contente, en guise de ponctuation, de changements à vue ou de noirs ; elle le maintient sans rompre pour autant la continuité narrative. En ce cas, il suffit au metteur en scène (Planchon dans George Dandin) ou au dramaturge (Audiberti dans La Logeuse) de reprendre au moment exact de l'interruption.

Rédacteur(s)
Édition Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Lexique théorique et théoriciens

Zone(s) géographique(s) :
  • France
Période(s) :
  • 17ème siècle
  • 18ème siècle
  • 19ème siècle
  • 20ème siècle
  • 21ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/06/2026